07 février 2010

Election, piège à …

Nadine et Xavier ont relayé ce week-end ce qui semble être le nouveau leitmotiv élyséen: "la légitimité, c'est quand vous vous présentez et que vous êtes élu", dixit le secrétaire général de l'UMP, merveilleusement relayé dans son propos par la secrétaire d'Etat à la famille qui a déclaré que "pour participer à la vie politique, (...) rien de mieux que d'être candidat au suffrage universel".

 

Ces amabilités s'adressent bien entendu à Dominique de Villepin, Xavier Bertrand précisant qu'il n'était qu'un adhérent comme un autre du mouvement populaire. Tous, ou du moins ce qu'il en reste, sont-ils donc traités ainsi:

 

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Mais pour une fois, Nadine Morano n'a pas dit que des ... "biiiip", constatant que l'ancien Premier Ministre aurait "déjà pu être candidat aux élections législatives de 2007".

 

Effectivement, il aurait pu l'être, avec en plus l'assurance d'être élu comme d'autres l'ont été dans les Hauts-de-Seine pour ne prendre qu'un exemple, même s'ils ont dû parfois profiter des soucis de santé d'un rival potentiel pour s'emparer de la mairie qui leur a servi de tremplin.

 

Il est décidément nettement plus facile de tenter d'instrumentaliser la justice, de fouiller dans les poubelles ou d'user d'arguments ou de stratégies politiciens plutôt que d'opposer des idées aux idées. "Faire de la politique c'est aider les gens à vivre ensemble au quotidien mais peut-être aussi un peu avec une vision du monde", déclarait il n'y a pas si longtemps Hervé Mariton sur le site web du Club Villepin... La politique est un engagement avant d'être un métier, même si certains ont décidé d'en faire une profession, et sont prêts à toutes les bassesses pour conquérir ou se maintenir au pouvoir.

 

La cabale lancée par la direction parisienne du parti socialiste contre le président de la région Languedoc-Roussillon en est une parfaite illustration. Les magouilles pas très orthodoxes du PS contre Georges Frêche auraient pu sembler sincères si elles avaient été engagées bien plus tôt !

 

Mais ce dernier n'est-il pas finalement lui-aussi pris au piège de ses excès, lui qui déclarait il n'y a pas si longtemps qu'il était élu par 94 % de ...

 

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29 janvier 2010

L’Empire contre-attaque

On se souvient de l'intervention au micro de Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1) de Jean-Claude Marin, procureur de Paris, le 28 août dernier (l'HR - 28/8/09). Il avait alors ouvert le procès Clearstream avec plus de trois semaines d'avance, bafouant toutes les habitudes de la justice et la sérénité qui entoure habituellement ses débats.

 

Eh bien, cet homme est un récidiviste. Même lieu, même heure (étonnant, non ?), à 5 mois d'intervalle à J+1 près, le procureur de la République vient se répandre dans les médias pour annoncer qu'il fera appel dans le dossier Clearstream, et de quelle façon !

 

Après un couplet se félicitant de la relaxe de Denis Robert permettant d'amadouer son public, il commet une première erreur en précisant que le tribunal avait constaté que la "complicité par abstention" pouvait exister, confirmant implicitement que ce dernier avait donc exploré toutes les pistes qui auraient pu conduire à la condamnation de Dominique de Villepin après, il n'est pas inutile de le rappeler, cinq ans d'instruction, des auditions spectaculaires, des perquisitions parfois brutales, cinq semaines de débats, et trois mois de réflexion.

 

S'embourbant dans ses arguments justifiant l'appel et après avoir pendant la quasi-totalité de l'émission cité le nom de l'ancien Premier Ministre dans presque toutes ses phrases, le proc' explique finalement que sa décision a été dictée par l'appel interjeté par deux des suspects, et qu'un nouveau procès n'aurait aucun sens sans la présence du troisième. Et les deux autres ? L'appel sera-t-il réellement général ? A suivre...

 

Dix minutes auraient donc dû suffire à nous convaincre ce matin que la justice suivait son cours normal dans cette affaire, d'autant plus que "je n'ai pas reçu d'instructions écrites", a cru bon de préciser le représentant du ministère public ! Monsieur Marin n'étant pas un spécialiste des média et de la com', toutes ses confusions seraient sans doute passées inaperçues si tout un scénario ne semblait pas avoir été savamment orchestré.

 

100129 la haine.jpgEn effet, quelques heures seulement après le jugement rendu hier en première instance, et alors que le délai pour faire appel se compte en jours, l'Elysée, magnanime, déclarait se satisfaire de la décision.

 

Et contrairement à ce qui a été dit, une partie civile peut toujours faire appel dès lors qu'elle est reconnue comme telle, mais uniquement sur les dommages et intérêts. En revanche, si elle le fait dans le cadre d'un jugement où le prévenu a été acquitté, et qu'il n'y a pas d'appel du parquet, le prévenu ne peut être condamné à une peine en appel, la cour d'appel ne jugeant que la responsabilité civile du prévenu. Un appel de Nicolas Sarkozy aurait donc été totalement inutile pour satisfaire le but clairement recherché, et il était donc facile d'apparaitre aux yeux de l'opinion comme sympa avec son ami Dom'...

 

Toutefois, en envoyant rapidement le sémillant Frédéric Lefebvre et le pathétique Dominique Paillé à la charge, l'annonce de ce matin devenait largement prévisible, et clairement téléguidée.

 

Que dire aussi de l'annonce, fin octobre dernier (l'HR - 21/10/09), de la possible nomination de Jean-Claude Marin au poste de procureur général de la cour d'appel de Paris, nomination qui ne se fera finalement pas, selon une information du journal Le Monde du début de ce mois ? Il y a sur ce point deux hypothèses. Soit on ne veut pas qu'une promotion de l'intéressé apparaisse comme une récompense pour service rendu, soit on évitera que celui-ci ne requiert devant la cour d'appel (bien que tout puisse encore évoluer d'ici à la tenue du nouveau procès) pour tenter de préserver, aussi faible soit-il, un semblant d'impartialité. A moins qu'il ne s'agisse, pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt (...), d'une simple coïncidence...

 

Si l'on pouvait parfois douter jusqu'à hier midi de la sincérité de ce procès Clearstream, il est aujourd'hui évident qu'il est politique, et il sera tout à fait intéressant d'entendre sur le sujet le Garde des "Sots" (dont le témoignage a sans doute fait cruellement défaut en première instance) sur Europe 1 (encore !...) dimanche.

 

Et osera-t-elle, après tout cela, défendre encore la suppression du juge d'instruction ?

28 janvier 2010

Coupable selon l'Elysée, il est relaxé au nom du peuple français...

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"Mon innocence a été reconnue.

Je pense à cet instant à ma famille qui a connu jour après jour la rumeur et la suspicion. Je salue le courage du tribunal qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique.

Je suis fier d'être le citoyen d'un pays, la France, où l'esprit d'indépendance reste vivant.

Je n'ai aucune rancœur, aucune rancune. Je veux tourner la page.

J'ai été blessé par l'image que l'on a voulu donner de la politique, de l'engagement qui a été le mien, pendant trente ans, et c'est vers l'avenir que je veux me tourner pour servir les Français et contribuer dans un esprit de rassemblement au redressement de la France."

27 janvier 2010

Jimmy, Pierre, Jean-Georges, et les autres…

Star Ac', Nouvelle Star... Les commentateurs ont rivalisé d'imagination pour qualifier la prestation télévisée du président de la République lundi soir, certains évoquant même Question pour un Champion, tellement le chef de l'Etat avait consciencieusement préparé l'émission, tellement il a eu réponse de façon très précise à chaque cas particulier évoqué par les 11 Français qui lui faisaient face.

 

La soirée s'est déroulée en deux temps, au journal télévisé puis dans le cadre de l'émission Paroles de Français, concoctée sur mesure.

 

Acte I - face à Laurence Ferrari

 

Passée plutôt inaperçue, la première partie n'était pas des plus inintéressantes.

 

Inutile de revenir sur l'affaire Proglio qui est cependant assez révélatrice du fonctionnement de la société que l'on tente de nous imposer et de la relative impuissance de ceux qui gouvernent.

 

On aura appris que la France n'enverra pas en Afghanistan de nouveaux soldats combattants ! Donc nous dépêcherons très certainement des soldats, conséquence inévitable de la réintégration du commandement intégré de l'OTAN. Qu'ils soient combattants ou non ne change pourtant rien à l'affaire, pour au moins deux raisons: nos soldats morts dans ce pays ne l'on en général pas été à l'occasion d'opérations militaires, et les solutions à trouver sont tout autre que militaires. Il n'y a pas de guerre déclarée, et les talibans ne font que prospérer par l'exploitation de la misère d'un peuple dont les ressources proviennent essentiellement de la drogue.

 

Dopé par les statistiques qui ont été révélées ce soir (qu'il convient de relativiser, notamment concernant les plus de 50 ans que l'on envisage de faire travailler plus longtemps - plus d'inscriptions et une ancienneté moyenne d'inscription au pôle emploi qui s'allonge) le président a annoncé le recul du chômage, bravant toute la prudence nécessaire vis-à-vis d'une donnée statistique mensuelle qui en aucun cas, malheureusement, ne peut nous assurer une inversion de tendance.

 

Concernant les élections régionales, celui qui souhaitait encore le 28 novembre dernier lors d'un conseil national de l'UMP nationaliser le débat a expliqué à Laurence Ferrari (qui n'a pas manifesté le moindre étonnement...) que "le rôle du président de la République n'est pas de faire campagne pour les présidents de régions". Il aurait été en même temps difficile de dire autre chose à la veille d'un nouveau conseil national du fan club présidentiel auquel ont refusé de participer ses "partenaires" de la majorité et à la vue des sondages relatifs au scrutin de mars prochain...

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Enfin, sur le dossier Clearstream dont chacun a pu constater ces dernières années qu'il lui tenait particulièrement à cœur, Nicolas Sarkozy souhaiterait que la justice fasse son travail et rien que son travail, alors que la semaine dernière encore il aurait selon la presse déclaré à l'un de ses amis, au lendemain de la visite de Dominique de Villepin à Bondy, que "de toute façon il fera moins le malin la semaine prochaine, ça le calmera"...

 

Acte II - Paroles de Français

 

Tout le monde se sera finalement concentré sur la seconde partie de soirée, animée par Jean-Pierre Pernaut, l'idole de la ménagère de plus de 50 ans. Le calcul était sans doute judicieux, puisque si l'audience a été plutôt bonne, 64% des téléspectateurs étaient des quinquas et plus.

 

Un décor genre café du commerce (même si on avait pris soin de différencier la couleur de la chaise du président), des "candidats" soigneusement triés (parité respectée, parisiens et provinciaux, certains issus de la "diversité", salariés et chefs d'entreprise...), la mise en scène était parfaite, et le premier rôle maitrisait parfaitement son texte.

 

Tous les ingrédients de la téléréalité étaient effectivement réunis: le casting, le cv incrusté lorsque les invités prennent la parole et le portrait vidéo parfois... Sans doute des détails qu'il serait ridicule de relever si la précision des réponses du chef de l'Etat n'avait contribué à nous convaincre de la mise en scène et du manque de sincérité dans tous cela. Téléréalité toujours lorsque dès le lendemain midi bon nombre de candidats se sont précipité sur les plateaux des chaines concurrentes, à l'image de ceux que l'on élimine chaque semaine...

 

100126 secret story.jpgEn résumé, une émission sans grand intérêt, et que l'on aurait sans doute plutôt dû comparer à Secret Story, dont le président serait sorti grand vainqueur, puisque personne ne semble avoir relevé qu'il ne s'agissait que d'une opération de com' destinée à limiter autant que possible la casse aux régionales, et ceci à seulement quelques jours du début du décompte officiel du temps de parole dans le cadre de la campagne. Une façon de renationaliser le débat après avoir dit le contraire quelques heures plus tôt...

 

Heureusement que l'on a pu se distraire un peu en observant la façon dont Nicolas Sarkozy s'est adressé aux différents protagonistes. Si vous êtes une femme ou issu de la diversité, je vous appelle par votre prénom, mais si vous êtes un homme, syndicaliste ou chef d'entreprise, votre nom s'impose. Complexe macho-racial ? Simple coïncidence ?

 

"Si j'dis une bêtise, vous m'corrigez"...

 

Mais quoi qu'il en soit, "votre formation est excellente, je ne la connais pas assez pour pouvoir me permettre de porter un jugement"...