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07 avril 2007

«La politique peut encore changer les choses»

medium_villepin3.jpgC’est le titre, extrait de son allocution, qu’aurait pu donner Dominique de Villepin au texte de sa dernière conférence de presse du 2 avril.

Destiné à la fois à dresser le bilan des deux dernières années et à indiquer le chemin au prochain gouvernement, ce discours dénote dans le «débat» actuel, en remettant la politique au cœur du débat.

«La politique reste le seul outil démocratique pour construire un avenir meilleur pour tous les Français».

Le Premier Ministre nous rappelle que l’action publique doit s’appuyer sur quelques principes fondamentaux (laïcité, diversité, égalité des chances, unité républicaine), et s’inscrire dans la continuité et le respect des engagements pris : «Rien n’est plus dommageable à l’action publique que les changements de cap incessants, les revirements à la moindre difficulté, le renoncement à l’intérêt général au profit des intérêts particuliers. Ne perdons pas de temps à détruire ce qui marche, par idéologie ou par volonté de faire autrement.»

Il parle de la Constitution: «Ce n’est pas la République qu’il faut transformer : ce sont les blocages de la société française qu’il faut lever. Ne nous plaignons pas des institutions, c’est en général la volonté qui fait défaut beaucoup plus que les instruments.»

Mais il y a une condition essentielle: «Pour que la politique puisse vraiment changer les choses, pour que ses résultats puissent s’inscrire dans la durée, il y a une condition sur laquelle je voudrais insister avec beaucoup de force: c’est la nécessité du rassemblement des Français. La France aujourd’hui doit avant tout garantir sa cohésion. C’est le rôle de la politique. C’est aussi son honneur. Notre vie en commun souffre encore de trop de discriminations. Nous ne rassemblerons pas les Français par la peur de l’avenir ou par la suspicion à l’égard des autres: nous les rassemblerons autour d’idées ambitieuses, nous les rassemblerons autour de projets qui leur permettront d’exprimer leur générosité et leur talent.»

Dominique de Villepin n’oublie pas bien évidemment la politique étrangère et la place de la France dans le monde : «Le choix c’est celui de l’indépendance. Une indépendance qui ne veut pas dire fermeture ou aveuglement devant les réalités du monde : mais une indépendance conquise sur la résignation ou l’alignement, une indépendance qui nous permet de défendre l’Europe politique, de participer au développement des pays les plus fragiles, une indépendance qui refuse la violence et l’intolérance au profit de la paix et du dialogue des cultures. »

Sa conclusion aurait pu être une parfaite introduction à une candidature présidentielle: «Je voudrais remercier chaque Français et leur dire que je serai toujours soucieux de les servir, que je serai toujours à leur service où que mes choix me conduisent. La France ne sera jamais un pays comme les autres. Son originalité fait sa force. Son rassemblement fait sa force. Ne nous divisons pas. Restons nous-mêmes, avec nos singularités, avec nos différences, mais toujours soucieux d’avancer unis, sans jamais laisser personne au bord du chemin.»

Chacun aura noté que Dominique de Villepin entend demeurer au service de la France et des Français, et qu’il ne ferme aucune porte pour l’avenir !...

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