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02 octobre 2007

Chronique d’une campagne annoncée

« L’énergie que l’on met à durer, on ne la met plus à faire », Nicolas Sarkozy l’a répété à de nombreuses reprises.

Ainsi, depuis le 16 mai dernier, jour de son investiture, le Président de la République ne se préoccuperait qu’accessoirement du destin de la France et des Français ? Les signes sont nombreux !

Il s’est tout d’abord attaché à enrayer le phénomène Bayrou qui, avec son bon score au premier tour de l’élection présidentielle, pouvait demeurer un rival dangereux. Moyennant quelques ministères ou secrétariats d’Etat, une savante organisation des candidatures aux législatives permettant au Nouveau Centre d’obtenir un groupe à l’Assemblée et un financement public conséquent pour les cinq années à venir, la majorité des ex-alliés de Bayrou intégraient la majorité présidentielle, avec à leur tête l’un des anciens plus fidèles (?) du président du MoDem…

La gauche, bien que sortie laminée des élections, devait être achevée: bipolarisation de la vie politique oblige, il faudra bien qu’elle trouve un candidat pour 2012. Essayons qu’il soit le plus mauvais possible à défaut d’être désigné par son adversaire. Le débauchage de quelques personnalités sans avenir au sein de leur famille politique que l’on appelle ouverture, l’exil de Dominique Strauss-Kahn à Washington, et, semble t-il la création d’un nouveau parti de gauche dirigé par Jean-Marie Bockel devraient suffire à court terme. Il sera toujours temps d’imaginer d’autres stratégies si le besoin se fait sentir.

Il fallait aussi s’assurer la fidélité de l’UMP. Les législatives ont permis de se débarrasser assez facilement d’un premier obstacle, Alain Juppé. Il est amusant de constater qu’aujourd’hui, la règle a changée: une défaite électorale n’est plus synonyme d’éviction du gouvernement (ni même une mise en examen, puisqu’il semblerait que le renvoi d’André Santini en correctionnelle décidé il y a quelques jours ne remette pas en cause ses fonctions). La réforme des statuts du parti était aussi indispensable. Elle a été adoptée (par 95.8% des votants, représentant 35.2% des adhérents…), et devrait permettre qu’aucun rival n’émerge dans les années à venir. Reste tout de même deux cas à traiter. Celui de Michèle Alliot-Marie, a qui on a déjà retiré une partie de ses prérogatives de Ministre de l’Intérieur au profit du fidèle Hortefeux, et celui de Dominique de Villepin, contre lequel il faudra certainement trouver autre chose que l’affaire Clearstream. Attention aussi à Jean-Pierre Raffarin qui, s’il avait été l’un des premiers à se jeter dans les bras du candidat fin 2006, semble un peu « grognon » ces temps-ci malgré sa très belle sous-présidence honorifique à l’UMP…

Enfin, même si l’adversaire est réduit au silence et affaibli, il faut assurer et entretenir sa propre Com’. La refonte du site internet de la Présidence de la République il y a quelques jours, devenu le clone de site de campagne sarkozy.fr est l’un des éléments…

Heureusement, l’hyperactivité (pour reprendre une expression à la mode) de notre Président laisse espérer que toute cette énergie consacrée à durer au-delà de 2012 n’entame pas ses capacités à réformer le pays. Il serait peut-être tout de même raisonnable qu’il se décharge de quelques-unes de ses fonctions: Premier Ministre, Ministre(s), Président virtuel de l’UMP, vice-Maire de Neuilly, etc…

Jean-Marie Cavada a écrit dans sa récente autobiographie (Une Marche dans le Siècle – page 129): « Un patron, c’est quelqu’un qui trace un cadre, pas un petit chef qui cherche à tout faire lui-même ».

A méditer…

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