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13 novembre 2007

Régimes spéciaux, LE symbole !

Tous, syndicats, majorité, opposition, sont d’accord sur le fait que la réforme des régimes spéciaux de retraite doit se faire. Les conditions de travail de leurs bénéficiaires ont évolué, il est juste de réexaminer les modalités de leur départ à la retraite, de les harmoniser avec celles des autres salariés, du secteur public comme du secteur privé.

L’opposition, laminée par l’élection présidentielle, reste prudente, trop heureuse de voir le Président de la République affronter ses premières difficultés.

Les syndicats, très faibles, trop faibles dans notre pays, tentent, une nouvelle fois, de justifier leur existence.

Mais, au-delà du jeu normal des pouvoirs et des contre-pouvoirs, cette réforme est chargée de symboles.

Elle renvoie tout d’abord à l’automne 1995, à cette même tentative de réforme qui avait plombé, dès les premiers mois, le 1er septennat de Jacques Chirac et qui a fait que, s’il a été réélu en 2002, ce n’est que par un formidable coup de chance. Il s’en est fallu de peu pour qu’à l’affiche du second tour figurent Jospin et Le Pen…

Elle renvoie aussi à la campagne de Nicolas Sarkozy, qui n’a eu de cesse d’expliquer que LUI saurait faire tout ce que personne avant lui n’avait osé faire.

Pour toutes ces raisons, cette réforme doit entrer en vigueur, et Henri Guaino a raison lorsqu’il dit que « si nous ne faisons pas cette réforme, nous n’en ferons aucune ».

Pour toutes ces raisons aussi, Dominique de Villepin a exprimé aujourd’hui « son soutien plein et entier » au gouvernement, et rappelé l’exigence d’une majorité unie, dont il n’avait malheureusement pas bénéficié à l’époque de la tentative de mise en place du CPE (c’est dans ces circonstances aussi que l’on peut reconnaitre les hommes d’Etat… et les autres…).

Mais ce n’est pas une raison pour publier des sondages expliquant que 55% des Français y sont favorables, ce qui est même ridicule. Nous vivons dans une société profondément, et de plus en plus, individualiste. Il n’est donc pas étonnant qu’une majorité soutienne une réforme qui ne concerne qu’environ 500 000 cotisants et un peu plus d’un millions de bénéficiaires.

Par ailleurs, il faut savoir que si le texte était adopté en l’état actuel des négociations, et pour ne prendre qu’un exemple, les agents de la SNCF n’y perdront pas un centime, et seront même les premiers bénéficiaires du fameux « travailler plus pour gagner plus », puisqu’il est prévu une augmentation de 5% en fin de carrière pour les salariés de l’entreprise nationale.

Il y a donc de fortes chances pour que cette réforme soit adoptée, mais le Président de la République devra avoir le triomphe modeste.

Symbolique, elle n’aura que peu d’incidence l’assainissement des finances publiques dont se vantait Nicolas Sarkozy ce matin devant le parlement européen, et à court et moyen terme, il ne s’agira essentiellement que d’un transfert de charges des régimes de retraite vers des entreprises publiques.

Par contre, espérons-le, elle permettra d’engager les véritables mutations dont notre pays a réellement et urgemment besoin !

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