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11 décembre 2007

Décryptage

Dimanche avait lieu le premier tour d’une élection législative partielle dans le Val d’Oise.

Il s’agit de remplacer dans quelques jours Dominique Strauss-Kahn à l’Assemblée Nationale, dans une circonscription sur le territoire de laquelle se trouve la commune de Villiers-le-Bel.

Comme c’est souvent le cas lors d’un scrutin partiel, tant le nombre de candidats que celui des suffrages exprimés ont été divisés par deux en quelques mois.

Les deux prétendants UMP et PS qui s’affronteront au second tour le 16/12 ont réalisé des scores sensiblement identiques (en terme de pourcentage) à ceux du mois de juin (autour de 37-38% chacun), soit environ une perte de 50% de leurs électeurs si on regarde le nombre de suffrages exprimés. Notons qu’en juin, l’UMP Sylvie Noachovitch avait devancé DSK de 90 voix, alors qu’avant-hier, c’est le maire PS de Sarcelles qui était en tête de 168 voix. François Pupponi n’ayant pas la notoriété politique de DSK, ni la popularité « médiatico-people » de son adversaire, il est sans doute satisfait de son résultat, en particulier de son score supérieur à 56% dès le premier tour sur sa commune.

La surprise vient plutôt de l’extrême droite. Le FN se maintient quasiment au niveau de juin en terme de suffrages (896 contre 978), ce qui le fait passer, compte-tenu de la participation, de 4 à 7.47% (10.53% sur la commune de Villiers-le-Bel). Alors que «l’effet Sarkozy» avait fonctionné à plein en juin, l’extrême droite passant de 15.6% en 2002 à 4% en 2007, le résultat de dimanche semble marquer le retour d’un vote protestataire, même s’il faut bien entendu relativiser la portée d’un scrutin partiel pour lequel ne se sont déplacés que le quart des électeurs.

Il ne faudrait pourtant pas que ce qui n’est peut-être qu’un simple avertissement marque le départ d’un véritable retournement de tendance, et ceci à peine 6 mois après les élections du printemps dernier.

610bd7c9fba95b6a3433843a24e0e0ee.jpgAprès avoir martelé pendant des mois «qu’ensemble, tout serait possible», après avoir laissé s’installer dans le pays le sentiment que ce serait finalement assez facile (il ne manquait que le peu de volonté que les prédécesseurs n’avaient pas eu) et plutôt rapide, que l’on ferait en cinq ans ce que personne n’a réussi en 30 ans (oubliant au passage que l’électeur raisonne généralement en semaine ou en mois, mais certainement pas en années), il n’est pas étonnant qu’une certaine impatience, voire une impatience certaine, se manifeste, tant dans les urnes que dans la rue.

La tendance peut cependant encore s’inverser. Il suffirait sans doute de jouer plus collectif, de laisser aux ministres (et au premier d’entre eux) la faculté d’assumer pleinement leurs fonctions, de s’appuyer sur l’ensemble de sa majorité, dans toute sa diversité.

Dans le cas contraire, on assisterait « sans aucun doute » (j’espère que Sylvie Noachovitch appréciera le clin d’œil…) à un véritable effet boomerang, les promesses de la campagne présidentielle revenant alors avec violence à la figure de l’ensemble de la majorité.

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