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20 décembre 2007

Jean-Paul Bolufer, et après ?

Le directeur de cabinet de Christine Boutin a donc été contraint à la démission à cause de l’appartement qu’il louait à la ville de Paris depuis 1981.

Il est certain qu’en période hivernale, et alors que règne une forte crise du logement, l’affaire tombe mal, très mal, peut-être même très très mal…

C’est toutefois l’une des meilleures illustrations de la stupidité de la réforme du mode de révision des loyers que l’Assemblée Nationale s’apprête à voter.

Bien entendu, les collectivités locales possédant un parc immobilier louent leurs biens à des prix généralement inférieurs à ceux pratiqués dans le privé, et n’en font pas toujours profiter ceux qui en ont le plus besoin.

Mais monsieur Bolufer a signé son bail il y a 26 ans, et son loyer a donc été révisé chaque année selon l’indice du coût de la construction puis, depuis deux ans, selon l’indice de référence des loyers. Ainsi, s’il a à l’origine bénéficié d’un loyer légèrement inférieur aux prix du marché, il paye aujourd’hui ses 190 m² trois, quatre ou cinq fois moins cher que les prix pratiqués dans son quartier, ce qui provoque bien évidemment une forte polémique.

N’est ce pas la meilleure preuve que la mesure envisagée d’indexer les loyers sur les prix à la consommation est ridicule, inutile et populiste ? Que la seule conséquence qu’elle pourra éventuellement avoir sera de réduire l’offre de logements à la location, et donc de provoquer une forte augmentation des loyers ?

Certains nous expliqueront qu’il n’y a rien de grave, puisque depuis le 6 mai dernier, nous nous acheminons vers une France de propriétaires. Mais c’était sans compter sur «la crise des subprimes», qui a pour conséquence dans notre pays (même s’il n’y a aucun rapport avec la situation américaine) une forte augmentation du taux de refus des crédits immobiliers…

En revanche, si comme on le dit, monsieur Bolufer n’a pas occupé son appartement pendant plusieurs années, s’il l’a sous-loué ou simplement mis à disposition dans le seul but de conserver le bénéfice de son bail, sa démission est totalement justifiée.

Toutefois, si cette affaire fera sans doute plaisir à certains, déplaira probablement à d’autres, elle ne résoudra certainement pas les graves problèmes de logement que nous connaissons...

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