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27 décembre 2007

Les cigares du Pharaon

Vous aviez promis la transparence, la sincérité, la fin de toute hypocrisie. Vous n’avez pourtant pas hésité à emprunter le Falcon de votre ami Vincent pour vous rendre sur votre lieu de vacances, feignant de vouloir dissocier vie publique et vie privée.

Est-il cependant envisageable que le Chef de l’Etat n’ait pas, à proximité du Winter Palace (et demain à Charm el-Cheikh) un avion de la République en mesure de le ramener au plus vite en France ou de le transporter aux quatre coins du Monde ?

Peut-on imaginer que seul l’avion de monsieur Bolloré ait fait le trajet depuis Paris, vous transportant tel une «simple» star hollywoodienne ?

L’été dernier déjà, après vous être vanté d’avoir gagné les Etats-Unis par un vol régulier, personne ne s’est demandé par quels moyens vous aviez fait l’aller-retour pour assister aux obsèques du cardinal Lustiger.

4e2b20fb0886b91e17ec3e806b8d4567.jpgCette fois, vous ne pouviez bien entendu pas imposer à votre nouvel amour si fraichement médiatisé un vol Air France ou Egyptair qui aurait fait les délices des paparazzis.

Vous auriez cependant pu saisir l’occasion pour nous prouver la sincérité de votre engagement (sans cesse répété durant la campagne électorale) vers plus de clarté, plus de franchise, moins de mensonge.

Vous auriez pu tout simplement partir en vacances à bord d’un appareil de la République Française qui, de toute façon, aura fait le voyage.

Les critiques de l’opposition auraient été différentes, mais leurs conséquences identiques. Toutefois, d’un point de vue économique, et surtout environnemental, l’économie aurait été palpable.

Encore un petit effort Monsieur le Président, et vous serez peut-être un jour celui que vous avez promis d’être, même si chaque jour renforce un peu plus le doute.

24 décembre 2007

Trêve des confiseurs

Notre Président s’envole demain pour l’Egypte afin de prendre quelques jours de repos, bien mérités après tant d’activité.

Il profitera de ce séjour pour une nouvelle fois nous prouver que même en vacances il ne cesse de penser à nous, puisque son voyage se conclura par une visite officielle au pays des pharaons, les 30 et 31 décembre. Il s’agit sans doute d’une partie des «sacrifices» qu’il évoquait à Rome la semaine dernière. Et honte à ceux qui pourraient imaginer qu’après avoir augmenté son salaire et le budget de l’Elysée dans les proportions que l’on sait, le Président aurait imaginé une rencontre professionnelle dans le seul but de se faire rembourser ses frais de déplacement…

Bref, les prochains jours devraient être extrêmement calmes sur le plan politique, avant que ne débutent les traditionnelles cérémonies de vœux, puis que s’engagent les campagnes pour les élections municipales et cantonales.

Notons tout de même que l’ami Laurent Pinsolle, sur son blog «Gaulliste, donc Villepiniste», profite de cette période pauvre en actualité pour réfléchir sur le rapport de Nicolas Sarkozy au gaullisme.

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Bonnes fêtes à toutes et à tous !

20 décembre 2007

Jean-Paul Bolufer, et après ?

Le directeur de cabinet de Christine Boutin a donc été contraint à la démission à cause de l’appartement qu’il louait à la ville de Paris depuis 1981.

Il est certain qu’en période hivernale, et alors que règne une forte crise du logement, l’affaire tombe mal, très mal, peut-être même très très mal…

C’est toutefois l’une des meilleures illustrations de la stupidité de la réforme du mode de révision des loyers que l’Assemblée Nationale s’apprête à voter.

Bien entendu, les collectivités locales possédant un parc immobilier louent leurs biens à des prix généralement inférieurs à ceux pratiqués dans le privé, et n’en font pas toujours profiter ceux qui en ont le plus besoin.

Mais monsieur Bolufer a signé son bail il y a 26 ans, et son loyer a donc été révisé chaque année selon l’indice du coût de la construction puis, depuis deux ans, selon l’indice de référence des loyers. Ainsi, s’il a à l’origine bénéficié d’un loyer légèrement inférieur aux prix du marché, il paye aujourd’hui ses 190 m² trois, quatre ou cinq fois moins cher que les prix pratiqués dans son quartier, ce qui provoque bien évidemment une forte polémique.

N’est ce pas la meilleure preuve que la mesure envisagée d’indexer les loyers sur les prix à la consommation est ridicule, inutile et populiste ? Que la seule conséquence qu’elle pourra éventuellement avoir sera de réduire l’offre de logements à la location, et donc de provoquer une forte augmentation des loyers ?

Certains nous expliqueront qu’il n’y a rien de grave, puisque depuis le 6 mai dernier, nous nous acheminons vers une France de propriétaires. Mais c’était sans compter sur «la crise des subprimes», qui a pour conséquence dans notre pays (même s’il n’y a aucun rapport avec la situation américaine) une forte augmentation du taux de refus des crédits immobiliers…

En revanche, si comme on le dit, monsieur Bolufer n’a pas occupé son appartement pendant plusieurs années, s’il l’a sous-loué ou simplement mis à disposition dans le seul but de conserver le bénéfice de son bail, sa démission est totalement justifiée.

Toutefois, si cette affaire fera sans doute plaisir à certains, déplaira probablement à d’autres, elle ne résoudra certainement pas les graves problèmes de logement que nous connaissons...

19 décembre 2007

Désolé…

Oui, je suis vraiment désolé, mais je n’ai pas trouvé mieux pour tenter d’avoir, comme tout le monde, un avis sur la «divine idylle» de notre Président:


podcast

Quelques mots tout de même.

François Mitterrand, lorsqu’il a été élu en 1981, avait des choses à cacher, sa maladie et une fille. Jacques et Bernadette Chirac ont toujours souhaité protéger Laurence et Anh Dao.

Le premier avait politiquement tout intérêt à garder le secret, son successeur aurait sans doute pu tirer avantage de la révélation de sa situation personnelle.

On pourra peut-être dire que l’ère Mitterrand remonte à des temps très anciens, mais personne ne pourra nier que Jacques Chirac était encore Président de la République il y a seulement quelques mois.

Alors que l’ensemble du monde politico-médiatique savait tout, sur le cancer, sur Mazarine, et sur les filles de Jacques Chirac, qu’elles soient de sang ou de cœur, la frontière «vie publique-vie privée» a toujours été respectée.

Rupture oblige, il semblerait qu’aujourd’hui certains de nos politiques soient devenus, malgré tous leurs démentis, très complices de la presse people, qu’ils l’utilisent et en abusent. Dans le même temps, on voudrait pouvoir influencer toute autre forme de journalisme, tenir la plume de ceux qui, traditionnellement, observent et commentent la vraie vie, celle de l’écrasante majorité des Français.

Attention à l’effet boumerang…

18 décembre 2007

Pouvoir d’achat: les dangers de l’improvisation

L’assemblée Nationale s’apprête à voter le texte permettant la mise en œuvre des propositions faites par le Président de la République il y a quelques semaines, la parole du chef de l’Etat étant relayée à l’Assemblée par les deux plus grands économistes de l’UMP, Jérôme Chartier et Frédéric Lefebvre… Je me suis déjà exprimé sur le sujet, et je persiste.

Concernant le logement, les loyers vont donc être indexés sur les prix, et le dépôt de garantie sera ramené à un mois.

L’indice de référence des loyers (IRL), mis en place il y a deux ans, avait fortement progressé en 2006, essentiellement à cause de la forte hausse des matières premières. Sur les deux premiers trimestres de 2007, il a significativement baissé, revenant à 2.76% après avoir atteint 3.23% au 4ème trimestre 2006. Au second semestre de 2005, l’IRL était resté constant à 2.3%, alors que l’on vient de nous annoncer en novembre une inflation à 2.4% !!! Bref, l’IRL, qui était un savant mélange de l’indice du coût de la construction utilisé auparavant et de l’indice des prix à la consommation, ne mérite pas les reproches qui lui sont fait. Il semble par ailleurs quelque peu absurde de vouloir déconnecter totalement le marché locatif du coût de la construction, sauf à vouloir orienter les investisseurs vers d’autres investissements que la pierre. Enfin, cette réforme est un pari sur la maitrise de l’inflation (ce qui semble de moins en moins vérifié), et donc le plus absolu soutien à la politique de l’euro fort menée par la BCE qui ne semble pourtant pas convenir au Président de la République…

Concernant le dépôt de garantie, même si c’est en apparence une bonne nouvelle pour le futur locataire (et peut-être pour ceux qui le sont déjà si on demande aux propriétaires un remboursement sur les contrats en cours), la mesure risque d’effrayer certains bailleurs et, alors qu’il y a déjà de nombreux logements vacants dans notre pays, de tendre un peu plus encore le marché locatif. A minima, les garanties et cautions exigées seront encore un peu plus exagérées.

Le marché immobilier répond à la loi de l’offre et de la demande, il convient donc d’encourager le logement locatif, et pour cela, d’encourager les investisseurs plutôt que de leur faire peur. Pourquoi ne réfléchirait-on pas au montant des charges payées par le locataire. Il y a là un poste sur lequel on pourrait faire des économies substantielles. Mais quoi qu’il en soit, seule une offre supérieure à la demande serait de nature à faire baisser les prix.

Une fois encore, le problème n’est pas celui de la hausse annuelle du loyer selon tel ou tel indice. L’IRL, comme son ancêtre l’ICC, est plutôt favorable au locataire. La meilleure preuve est le fait qu’il est fréquent de voir un propriétaire dénoncer un bail, certes dans les conditions prévues par la loi, avant pourtant de remettre leur logement sur le marché quelques mois, parfois quelques semaines plus tard, et bien sûr à un prix nettement supérieur à celui que payait le précédent locataire.

Bref, ces mesures sont non seulement inutiles, mais de nature à aggraver la situation des locataires et les conditions d’accès au logement.

Les autres mesures proposées consistent à racheter des RTT, débloquer de la participation (pour ceux qui en bénéficient), encourager des primes défiscalisées.

Bravo à tout ce qui remettra en cause les 35 heures qui sont à la source de nombreux des problèmes que nous rencontrons aujourd’hui. Toutefois, il est regrettable que l’on incite les moins favorisés à « désépargner » après avoir, l’été dernier, accordé des avantages fiscaux aux plus favorisés dont les économies seront, de toute évidence, dirigées vers l’épargne, alors que la loi TEPA visait une relance de la consommation.

Il est d’autant plus regrettable que toutes ces décisions sont prises alors que le gouvernement avait dans ses bagages deux mesures qui pourraient sans doute améliorer la situation de notre pays: la TVA sociale et l’impôt minimum.

La TVA sociale, ou TVA anti-délocalisation, consiste en un simple transfert des charges qui pèsent sur le travail vers la TVA. Cette mesure arriverait bien entendu beaucoup trop tard, alors que nombreux sont ceux qui la défendent depuis bien longtemps (Philippe Séguin notamment). Mais même si elle aurait tendance à accroitre les prix des produits importés, elle serait sans conséquence sur notre production nationale, et surtout, nous rendrait plus compétitifs à l’exportation, ce qui n’est pas négligeable compte tenu du niveau actuel de l’euro et des cours du pétrole.

L’impôt minimum consiste à plafonner le montant des déductions fiscales qui permettent à certains, bien que gagnant tout à fait confortablement leur vie, de ne pas contribuer à la solidarité nationale. Une telle mesure, au-delà du fait qu’elle irait vers plus de justice fiscale, permettrait d’accroitre les ressources de l’Etat, et donc de dégager quelques marges de manœuvre pour agir véritablement plutôt que de proposer aux salariés, avec les seules entreprises qui le voudront bien, de financer eux-mêmes leur pouvoir d’achat en rognant sur leur épargne (pour l’anecdote, il semblerait qu’au Figaro, le rachat des RTT ne soit pas possible…).

Monsieur le Président de la République, ces deux mesures ne sont sans doute pas faciles à mettre en œuvre à la veille des élections municipales, et le courage (et surtout la responsabilité) politique de Jean-Louis Borloo qui a évoqué la TVA sociale entre les deux tours des législatives vous a sans doute couté quelques députés en juin dernier.

Mais vous nous répétez depuis des mois que vous ferez ce que tous les autres n’ont jamais osé faire, vous avez donné le sentiment que vous le ferez vite et bien.

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Alors s’il vous plait, arrêtez de nous prendre pour des « Dingo »… Vous n’êtes pas à la tête d’une boite de com’ ou de prod’, vous n’avez pas été élu pour faire «des coups», qu’ils soient politiques ou médiatiques. On attend autre chose du Chef de l’Etat.

16 décembre 2007

Il nous prend vraiment pour des … !

15917a106b72185d0a5de68458240c07.jpgAprès s’être laissé insulter et ridiculiser et, à travers lui, avoir laissé insulter et ridiculiser la France, après cinq jours d’une visite rocambolesque sur notre territoire du colonel Kadhafi, le Président de la République n’a rien trouvé de mieux que de déclarer vendredi depuis Bruxelles: « J'ai fait ce que j'ai cru devoir faire, c'est-à-dire éviter à toute force un affrontement entre le monde musulman et le monde occidental ».

Si la paix entre l’Orient et l’Occident ne tenait qu’à l’improbable visite d’un chef d’Etat fantasque, qui par ailleurs n’a jamais très bien su où se situer entre panarabisme et panafricanisme, cela se saurait, et depuis longtemps !!!

Mouammar Kadhafi est revenu depuis 2003 à de meilleurs sentiments vis-à-vis de l’occident, essentiellement parce que Ben Laden lui a volé la place de « number one » en matière de terrorisme, et parce qu’il craint plus que tout qu’Al-Qaida ne prenne le pouvoir dans son pays.

Chacun sait que la principale source de conflit qui alimente le terrorisme est le combat Israélo-palestinien, et que, par leur intervention en Irak, et alors que Saddam Hussein était en fin de règne, les américains n’ont fait que raviver la querelle entre shiites et sunnites qui règne au sein du monde arabe, pour de simples raisons économiques alors que l’Arabie Saoudite semblait échapper à leur contrôle et à leur volonté de maitriser le marché pétrolier.

6f83111555d094a7a48ba5bce087584d.jpgTout ceci n’est vraiment pas sérieux.

Il fallait bien entendu recevoir Kadhafi, comme nous avons, en son temps, reçu Yasser Arafat. Il ne s’agit bien entendu pas de comparer ce qui n’est pas comparable, Kadhafi et Yasser Arafat. Mais si le leader palestinien a eu recours au terrorisme, il a été accueilli sur notre sol après y avoir renoncé, et surtout, a toujours eu un profond respect pour la France, et pour son ami le « docteur Chirac ».

Il fallait bien entendu recevoir Kadhafi, mais sous conditions, et de préférence sans passer par « la case Assemblée Nationale », même si l’hôtel de Lassay n’est pas l’hémicycle.

Monsieur le Président de la République, si par une campagne largement empreinte de populisme vous avez su capter les voix de la droite extrême, et donc vous faire élire, adressez-vous à nous, maintenant que vous êtes élu, avec un peu plus d’intelligence et de respect.

Saisissez-vous, tant à l’international que sur le plan intérieur, des véritables problèmes plutôt que de n’agir par « coups », le plus souvent médiatiques, et de ne penser qu’à 2012, prolongeant une campagne électorale qui n’a que trop duré depuis le 28 novembre 2004, si ce n’est depuis le 21 avril 2002. La législative partielle dans le Val d’Oise doit vous faire réfléchir, le FN y ayant retrouvé, en l’espace de quelques mois, une certaine vitalité…

Il n’y a dans toute cette histoire que deux alternatives, l’incompétence ou l’arnaque. Espérons que l’hypothèse à retenir soit la seconde.

Mais quoi qu’il en soit, s’il vous plait, Monsieur le Président, arrêtez de nous prendre pour des …

14 décembre 2007

Agenda du week-end

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François GOULARD, Député-Maire de Vannes, sera, dimanche 16 décembre, l’invité de RIPOSTES, l’émission de Serge Moati.

Diffusée sur France 5 à 17 h 45, elle aura pour thème « le monde selon Sarkozy »...

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13 décembre 2007

Guignol ?

S’il n’y avait des choses et des évènements beaucoup plus sérieux derrière tout cela, c’est à ce célèbre spectacle lyonnais que pourrait nous faire penser la visite de Mouammar Kadhafi cette semaine sur notre territoire.

On pourrait s’amuser des propos provocateurs du colonel, de cette tente plantée à quelques mètres seulement de l’Elysée dans une résidence de la République, de ces meetings organisés chaque soir à sa gloire à l’UNESCO ou au Pavillon Gabriel, de sa balade sur la Seine qui aura bloqué tout Paris, de sa probable visite à Versailles qui ne manquera certainement pas de piquant, et de tout ce qu’il pourra encore imaginer jusqu’à son départ pour l’Espagne samedi.

On pourrait rire de l’attitude du Président de la République qui n’a d’autre argument pour justifier cette encombrante visite que quelques plus ou moins hypothétiques milliards, qui, pour sauver la face sur les droits de l’homme, obtient in-extremis de son invité fantasque qu’il condamne les attentats en Algérie, et qui, pour faire bonne mesure, reçoit les associations de victimes de l’attentat du DC10 d’UTA.

On pourrait pouffer sur la réaction de Rama Yade qui n’a pas su tirer les conséquences de sa courageuse prise de position, ou sur celle de Bernard Kouchner qui risque l’indigestion à force d’avaler des chapeaux…

La question essentielle demeure cependant la suivante: fallait-il recevoir Kadhafi ?

A priori, la réponse est oui. Depuis 2003, la Lybie a fait des efforts qu’il convient d’encourager et d’accompagner. Une bienveillance mesurée à l’égard de Kadhafi est sans doute plus raisonnable que de prendre le risque de voir arriver au pouvoir après lui des extrémistes radicaux, d’autant plus que la Lybie occupe, géographiquement, une position stratégique entre l’Afrique et le Moyen-Orient. Il ne faut pas non plus oublier que derrière chaque dirigeant d’un pays, il y a un peuple.

Ensuite, tout est question de forme. En l’espèce, le sentiment dominant est que le colonel Kadhafi est cette semaine en terrain conquis, le seul maitre du jeu, et semble pouvoir imposer à son hôte le moindre de ses caprices. Cette visite (et peut-être celles qui vont suivre en Espagne et en Italie) ressemble, même si ce n’est sans doute pas la plus condamnable, à une partie de la rançon que l’Europe aurait à payer pour la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien.

En toute hypothèse, notre Président, qui a érigé la Com’ en principe d’action politique a, ces derniers jours, trouvé un maître. Que Nicolas Sarkozy sache cependant que, malgré les propos très sévères d’Angela Merckel à l’égard de Mouammar Kadhafi, les entreprises allemandes sont bien mieux implantées en Lybie que les sociétés françaises, et que la majorité des contrats que nous pourront négocier avec ce pays, même si nous devons en être très fiers, génèreront essentiellement de l’emploi délocalisé, sans grande influence sur le quotidien des Français, contrairement à ce qu’il a laissé entendre en marge de son déplacement en Lorraine il y a deux jours.

Une fois de plus, la conclusion à tirer de ce voyage, sujet à des polémiques parfois exagérées, est qu’il ne faut pas mélanger la politique et les affaires.

Décidemment, dans l’essentiel de ce qui est « son boulot de pendant cinq ans », la politique étrangère, notre Président fait plutôt dans l’amateurisme.

11 décembre 2007

Décryptage

Dimanche avait lieu le premier tour d’une élection législative partielle dans le Val d’Oise.

Il s’agit de remplacer dans quelques jours Dominique Strauss-Kahn à l’Assemblée Nationale, dans une circonscription sur le territoire de laquelle se trouve la commune de Villiers-le-Bel.

Comme c’est souvent le cas lors d’un scrutin partiel, tant le nombre de candidats que celui des suffrages exprimés ont été divisés par deux en quelques mois.

Les deux prétendants UMP et PS qui s’affronteront au second tour le 16/12 ont réalisé des scores sensiblement identiques (en terme de pourcentage) à ceux du mois de juin (autour de 37-38% chacun), soit environ une perte de 50% de leurs électeurs si on regarde le nombre de suffrages exprimés. Notons qu’en juin, l’UMP Sylvie Noachovitch avait devancé DSK de 90 voix, alors qu’avant-hier, c’est le maire PS de Sarcelles qui était en tête de 168 voix. François Pupponi n’ayant pas la notoriété politique de DSK, ni la popularité « médiatico-people » de son adversaire, il est sans doute satisfait de son résultat, en particulier de son score supérieur à 56% dès le premier tour sur sa commune.

La surprise vient plutôt de l’extrême droite. Le FN se maintient quasiment au niveau de juin en terme de suffrages (896 contre 978), ce qui le fait passer, compte-tenu de la participation, de 4 à 7.47% (10.53% sur la commune de Villiers-le-Bel). Alors que «l’effet Sarkozy» avait fonctionné à plein en juin, l’extrême droite passant de 15.6% en 2002 à 4% en 2007, le résultat de dimanche semble marquer le retour d’un vote protestataire, même s’il faut bien entendu relativiser la portée d’un scrutin partiel pour lequel ne se sont déplacés que le quart des électeurs.

Il ne faudrait pourtant pas que ce qui n’est peut-être qu’un simple avertissement marque le départ d’un véritable retournement de tendance, et ceci à peine 6 mois après les élections du printemps dernier.

610bd7c9fba95b6a3433843a24e0e0ee.jpgAprès avoir martelé pendant des mois «qu’ensemble, tout serait possible», après avoir laissé s’installer dans le pays le sentiment que ce serait finalement assez facile (il ne manquait que le peu de volonté que les prédécesseurs n’avaient pas eu) et plutôt rapide, que l’on ferait en cinq ans ce que personne n’a réussi en 30 ans (oubliant au passage que l’électeur raisonne généralement en semaine ou en mois, mais certainement pas en années), il n’est pas étonnant qu’une certaine impatience, voire une impatience certaine, se manifeste, tant dans les urnes que dans la rue.

La tendance peut cependant encore s’inverser. Il suffirait sans doute de jouer plus collectif, de laisser aux ministres (et au premier d’entre eux) la faculté d’assumer pleinement leurs fonctions, de s’appuyer sur l’ensemble de sa majorité, dans toute sa diversité.

Dans le cas contraire, on assisterait « sans aucun doute » (j’espère que Sylvie Noachovitch appréciera le clin d’œil…) à un véritable effet boomerang, les promesses de la campagne présidentielle revenant alors avec violence à la figure de l’ensemble de la majorité.

07 décembre 2007

Et pourtant, il est secrétaire général adjoint !!!

Certains députés UMP, réagissant à la suspension de leur collègue Jean-Pierre Grand, estimaient hier que cela faisait «mauvais genre», alors qu'un autre de leurs collègues, Christian Vanneste, n'a jamais subi aucune sanction, a été réélu député en juin dernier avec la bienveillance de l’UMP, et vient de recevoir l’investiture pour les municipales à Tourcoing.

A cela, notre brillant secrétaire général adjoint, Dominique Paillé, n’a rien trouvé de mieux que de dire que « M. Vanneste n'a jamais insulté des candidats investis par l'UMP, M. Grand si »…

Dominique Paillé ne sait sans doute pas que Jean-Pierre Grand n’a jamais insulté Jacques Domergue (candidat à la mairie de Montpellier), qu’il n’a fait qu’exprimer ses réserves sur le choix d’un candidat très marqué « à droite » dans une ville plutôt «à gauche», et ceci, avant que M. Domergue ne soit officiellement désigné par l’UMP. JPG a certes dit que cela l’inciterait plutôt à soutenir le maire sortant si, selon le principe en vigueur au sommet de l’Etat, elle faisait preuve d’ouverture, sans toutefois exprimer officiellement un choix définitif.

Dominique Paillé ne se souvient sans doute pas que Christian Vanneste a été condamné par le tribunal correctionnel de Lille pour « injures en raison de l’orientation sexuelle », donc pour homophobie, le 24 janvier 2006, et que cette décision a été confirmée par la Cour d’Appel de Douai le 25 janvier 2007. Que même s’il a décidé de se pourvoir devant la Cour de Cassation (et éventuellement devant la Cour de Justice Européenne), ses écrits demeureront dans les archives de La Voix du Nord et de Nord Eclair, deux quotidiens régionaux qu’il n’a a priori pas poursuivi pour diffamation.

C’est donc fort de toute son ignorance que Dominique Paillé a osé la comparaison.

Chacun appréciera…

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