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27 février 2008

« Casse-toi, pauv’c.. ! »

Il déchaine les passions, on l’adore ou on le déteste. Certains, au mépris de leurs convictions mais attachés à un pouvoir pourtant de plus en plus virtuel, le détestent cordialement ou l’adorent avec méfiance.

 

d123af49d246d867803217e1cb0f2c45.gifVous l’avez deviné, je veux parler du  Président de la République, qui n’a pas, lui aussi, pour habitude de faire dans la demi-mesure, s’égarant parfois même plutôt vers les extrêmes dont il a su conquérir l’électorat (cf. mon analyse du scrutin du 22 avril), tout en ayant fait croire (avec succès semble-t-il…) à celui de l’UMP qu’il avait changé…

 

L’incident du salon de l’agriculture, au demeurant plutôt anodin et dont les deux protagonistes sont tout aussi condamnables l’un que l’autre, n’aurait jamais pris une telle ampleur si Nicolas Sarkozy n’avait érigé la Com’ en principe majeur d’action politique.

 

En d’autres temps, le général de Gaulle ou Jacques Chirac ont été victimes d’insultes du même genre. Le Général avait alors répondu « vaste programme », Jacques Chirac ayant préféré « enchanté, moi c’est Jacques Chirac  ». François Mitterrand, à un « Mitterrand, fous l’camp » avait rétorqué « rime pauvre ! ». Ça avait quand même plus de gueule…

 

Nicolas Sarkozy lui-même, alors Ministre de l’Intérieur, s’adressait ainsi à la police le 29 novembre 2007: « Pas de familiarité, de la tenue, respectez les gens. (…) Mais pensez à cela, chaque minute : vous portez un uniforme, vous êtes les représentants de l’Etat, vous devez avoir une éthique, vous devez être exemplaires. Et c’est très important, pas de fenêtre ouverte dans les voitures de patrouille avec le bras qui pend, pas de tutoiement, du respect. Respectez les autres et vous serez respectés. Je sais bien qu’on vous insulte, mais on ne combat pas les voyous avec les méthodes de voyous »…

 

Fait’c’que’j’dis, pas c’que j’fais…

19 février 2008

C’est grave docteur ?

Depuis quelques jours, quelques semaines, quelques mois, peut-être même quelques années, j’ai l’impression d’être frappé d’une «anti-sarkozyte primaire», l’affection ayant pris ces derniers temps des proportions difficilement supportables.

 

J’envisageais d’aller consulter, lorsqu’au lendemain du diner annuel du CRIF et de la proposition du Président de la République de parrainage par un élève de CM2 de l’un des 11000 enfants victimes de la Shoah, j’ai entendu Dominique de Villepin exprimer sur Radio Classique ce que j’avais plus ou moins ressenti. C’était alors quasi-certain, il s’agissait plutôt de mon «intégrisme villepiniste aigü» qui revenait.

 

 

podcast

 

Mais quelques heures plus tard, Simone Veil qui, bien qu’ayant exprimé quelques réserves sur les tests ADN, ne peut être qu’en parfaite santé pour avoir présidé le comité de soutien au candidat NS pour les présidentielles (même si celui-ci n’a jamais vu le jour…) et avoir accepté de présider une commission sur la révision du préambule de notre constitution (même si celle-ci ne verra peut-être jamais le jour…), réagissait violemment à cette suggestion, évoquant une idée «inimaginable, insoutenable et injuste». Elle alla jusqu’à évoquer la glaciation de son sang en écoutant le Chef de l’Etat !

 

Hier matin, c’était l’opération policière de Villiers-le-Bel, dont le Maire a été prévenu, d’après ses déclarations, à 6h02, ce qui ne serait pas anormal si la presse n’avait été au courant depuis jeudi soir (vendredi pour les «plus mauvais»). Michèle Alliot-Marie, dont personne ne peut contester le sens de l’Etat, semblait peu à l’aise dans sa tentative de justification du déroulement des évènements, même s’il faut bien entendu saluer cette intervention.

 

Hier soir, on apprenait que Line Renaud, gaulliste «presqu’historique», qui a été longtemps membre du Conseil National du RPR, apportait son soutien au Maire sortant pour les municipales parisiennes, alors que chaque arrondissement compte déjà une, deux, parfois trois listes dissidentes dans les rangs de la majorité.

 

Autant d’évènements qui m’ont fait réfléchir, et penser que finalement, ce n’était peut-être pas moi le plus atteint, à moins qu’il ne s’agisse d’une grave épidémie d’ampleur nationale, qui frapperait  64 % de la population (l’Express publie cette semaine un sondage accordant à notre Président 36% d’opinions favorables).

 

Les choses sont sans doute un peu plus complexes, les responsabilités partagées (certains devant tout de même en assumer la plus large part), mais ne peuvent certainement pas se résumer à une «revanchardise» mal soignée, comme voudraient nous le faire croire la toujours brillante et distinguée Nadine Morano ou celui que l’on présente comme le futur Premier Ministre, un certain XB.

 

Saluons tout de même leur courage (même s’ils souffrent d’une légère «ambitionnite»), puisqu’ils sont les rares à encore monter au créneau pour défendre le Président de la République, alors qu’ils étaient si nombreux à soutenir aveuglément le candidat qui avait la faveur des sondages…

15 février 2008

Quand février vient avant juin, le 14 avant le 18…

Le 14 février, c’est bien évidemment la Saint Valentin , la fête de l’amour, mais c’est aussi depuis quelques années, une date qui marquera peut-être un jour différemment les esprits.

 

Tout les Français ont encore en mémoire le discours que Dominique de Villepin prononçait le 14 février 2003 devant l’Assemblée des Nations Unies, qui aura permis à la France de ne pas s’engager dans le conflit irakien, et aura fait que l’attaque américaine, motivée par de vils intérêts économiques, n’aura pas dégénéré en un conflit mondial, en un affrontement entre orient et occident, entre catholiques et musulmans.

 

Hier, le 14 février 2008, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan et d’autres ont signé un appel pour «une vigilance républicaine».

 

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Bien que reconnaissant avoir «sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes», les signataires, en tête desquels figure Pierre Lefranc, ancien chef de cabinet du général de Gaulle, entendent «réaffirmer leur attachement au principe républicain», qu’ils s’engagent à défendre «séparément ou ensemble», refusant par ailleurs «toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective».

 

Plus de détails dans Marianne demain...

14 février 2008

Sacré Lellouche !

Alors qu’il a courageusement déserté le IXème, son arrondissement parisien d’origine pour tenter une confortable élection dans le VIIIème (avec la bénédiction de l’UMP), le député Pierre Lellouche intente un procès en légitimité au maire sortant, François Lebel, UMP lui aussi.

Qu’il soit rassuré, il y a 99,9999999999999999999… chances sur 100 pour que le futur maire du VIIIème arrondissement de Paris soit issu des rangs de l’UMP.

N’est-ce pas l’essentiel ?

Trop «connes» ?

Je m’étais juré de ne plus m’exprimer sur le candidat UMP aux municipales de Montpellier. Il n’a en effet besoin de personne pour se déconsidérer, ses gadgets (constats d’huissiers, chèque géant, sono sur les marchés ou sous les fenêtres des pailladins à la manière de Cyrano, oscar de la toupie bétonneuse, pique-nique avec un écolo qui finira par le torpiller, etc, etc…) et déclarations confuses et/ou surprenantes suffisent amplement.

 

c784192bdf9ed9819b2f73aad26bee28.gifAu registre des surprises, notons que notre challenger, lorsque le maire sortant a présenté sa liste, n’a rien trouvé de mieux que de s’émouvoir du sort réservé à Philippe Saurel, adjoint à l’urbanisme qui recule de 13 places sur la liste PS par rapport à 2001. Celui-ci n’était-il pas pourtant en charge du secteur sur lequel le député-candidat a semble t-il le plus de reproches à faire à la municipalité sortante ? Il y avait tellement à dire sur la façon dont a été composée la liste d’Hélène Mandroux...

 

A son tour, Jacques Domergue a maintenant présenté ses colistiers, faisant ressurgir l’épisode des «ni connes, ni soumises», véritable cas d’école sur lequel on pourrait faire plancher les étudiants de Science-Po, avec en toile de fond, le fameux débat sur la frontière entre politique et communication.

 

Le 19 novembre dernier, lors de la présentation de ces 13 colistières (il s’agissait bien de colistières, comme indiqué sur le site du candidat qui parlait notamment de «leur présence sur la liste menée par Jacques Domergue »), il y avait déjà eu confusion sur leur nombre. Sur la liste officielle présentée en ce début de semaine, cinq ont disparu, dont trois au moins représentaient des associations qui pèseront plus ou moins sur le résultat du scrutin !!!

 

Sur les huit rescapées, alors que l’événement de novembre dernier laissait à penser qu’elles seraient de véritables vedettes de l’équipe, notons qu’en cas de victoire du candidat UMP, seules trois d’entre-elles pourraient prétendre à un poste d’adjoint (sur 24…), et que l’une d’entre elles serait même certaine de ne pas être élue, puisque figurant en 58ème position. En cas de défaite, seule Mme El-Atmani serait élue (celle qui devait être la caution «verte» d’un candidat UMP aux législatives, mais qui a depuis, semble t-il, adhéré à l’UMP…) …

 

Belle illustration, transposée au niveau local, des dangers de l’intrusion à trop forte dose de la Com’ en politique, le plus bel exemple étant bien entendu l’attitude d’un locataire de la République (champion toutes catégories), demeurant quelque part entre le ministère de l’intérieur et l’ambassade américaine, au N°55 d’un célèbre faubourg parisien…

13 février 2008

Hyènes ou vautours ?

Ce sont généralement les deux espèces animales qui se disputent la vedette lorsque l’on évoque les «charognards».

 

A l’occasion de l’affaire du SMS du Président de la République, Rama Yade a jugé utile de compléter la liste en y ajoutant les journalistes, Carla Bruni remettant un peu d’huile sur le feu en faisant référence aujourd’hui à la presse collaborationniste...

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Cette histoire aura au moins eu le mérite d’avoir mis sur un plan d’égalité certains de nos politiques et certains journalistes, la publication de ce qu’il serait difficile d’appeler une information rivalisant, en termes de ridicule, avec la réaction disproportionnée et les poursuites judiciaires engagées par «la victime».

 

On pourrait débattre longuement sur le fait de savoir qui a commencé. La ligne jaune a sans doute été franchie par les deux parties, ce qui rend inévitablement le choc frontal plus violent.

 

Profitons toutefois de l’occasion pour rendre hommage au Canard Enchainé qui a, la semaine dernière, rétabli une part de vérité dans l’affaire Clearstream.

 

La saisie d’un DVD crypté lors de la perquisition dans les bureaux et au domicile de Dominique de Villepin avait fait couler beaucoup d’encre, certains étant persuadés que le disque contenait toutes les preuves du caractère politique de l’affaire, confortés par le fait que l’ancien Premier Ministre déclarait qu’il ignorait tout du contenu.

 

Les juges d’Huy et Pons ont donc mobilisé en vain de nombreux experts et dépensé des dizaines de milliers d’euros pour tenter de faire parler l’objet, avant de finalement découvrir dans les scellés déposés au greffe du tribunal le code permettant de lire les données, qui n’étaient en fait que les manuscrits des derniers ouvrages de Dominique de Villepin…

 

Eh oui, l’abracadabrantesque affaire Clearstream pourrait bien un jour faire pschitt !!!... N’en déplaise à certains…

 

Pour revenir au sujet, dans la mesure ou elle s’exerce dans le respect de la loi et des règles déontologiques de la profession, rien ne saurait remettre en cause la liberté de la presse, pas même ses excès ou de ses dérives. L’information libre et indépendante demeurera toujours un rempart contre d’autres excès ou d’autres dérives qui pourraient avoir des conséquences bien plus graves. Nicolas Sarkozy ne disait pas autre chose lorsqu’il était intervenu au procès sur les caricatures de Mahomet !

 

Ecoutons, en conclusion, l’intervention de Dominique de Villepin, invité hier de LCI. L’ancien Premier Ministre, éloigné du jeu politicien, nous livre une analyse politique de l’actualité:

 

12 février 2008

Devedjian, nan ! nan !

Le Président départemental de l’UMP des Hauts-de-Seine, Président du Conseil Général, et Secrétaire Général de l’UMP est entré dès dimanche soir avec brio dans le débat tragicomique qui se déroule à Neuilly en déclarant que le Président de la République était en dehors de tout cet imbroglio.

 

Patrick Devedjian aura attendu à peine 24 heures pour récidiver, déclarant lundi soir qu’une solution de remplacement au regretté Martinon (que cette histoire va peut-être finir par rendre sympathique…) avait été trouvée à l’unanimité !!! Rien de moins…

 

Mais alors qu’il ne pouvait soi-disant dévoiler la nouvelle stratégie aux quelques militants qui avaient veillé jusqu’au milieu de la nuit sous prétexte que la commission d’investitures du parti devait en avoir la primeur, il n’hésitera pas à aller se confier dès ce matin à des millions de Français, au micro de Jean-Pierre Elkabbach… 

C’est donc le patron d’Europe 1 qui aura validé le choix de soutenir aux municipales celui qui s’était déjà présenté aux législatives contre la candidate soutenue par l’UMP, prenant soin de faire répéter à deux reprises à P. Devedjian ce que serait quelques heures plus tard la position officielle de l’UMP.

 

La commission n’avait donc plus qu’à entériner  la décision, mais à peine la réunion était-elle terminée qu’Arnaud Teullé, l’un des putschistes, par ailleurs conseiller à l’Elysée et responsable de l’UMP à Neuilly, annonçait le maintien de sa candidature… Retour à la case départ, le dissident (les rôles ont été inversés entre-temps), ayant toujours vraisemblablement des chances sérieuses de l’emporter.

 

eee48510ac9bd193c0ec50909985bdcd.jpgVoilà donc une illustration de ce qu’est devenu l’UMP ! Un mouvement sans tête (au propre comme au figuré), incapable, dans de nombreuses communes, de présenter ou soutenir une liste aux municipales sans que des dissidences multiples s’expriment.

 

Nicolas Sarkozy avait décidé, au lendemain de son élection, de saborder l’UMP afin de s’assurer qu’un quelconque rival ne puisse émerger. Il aura au moins réussit quelque chose en 9 mois…

 

On avait pris l’habitude de railler ces dernières années les socialistes, leur manque d’idées et leurs divisions. Les deux principaux partis politiques de notre pays font aujourd’hui jeu égal dans la médiocrité. De nouveaux leaders doivent reprendre les choses en main afin de ne pas décevoir la soif de politique qu’ont manifestée les électeurs aux dernières présidentielles.

 

En attendant, que les moins mauvais gagnent…

11 février 2008

Si Devedjian n’existait pas…

La déclaration du Secrétaire Général de l’UMP sur le drame politico-sentimental qui se déroule à Neuilly est passée relativement inaperçue, alors que c’était certainement la plus remarquable.

 

7805d959f83aa07584c9db9826f054e4.jpgLe Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine a ainsi déclaré que le Chef de l’Etat n’était pas intervenu dans cette affaire (!!!), ce qu’a confirmé par la suite son adjoint à l’UMP, l’excellent Dominique Paillé, prenant tout de même le soin d’ajouter «directement»...

 

Ils auraient pu profiter de l’occasion pour nous expliquer que l’intervention télévisée du Président de la République n’était qu’une étonnante coïncidence, que bien que le Président de tous les Français se soit déplacé en personne à la Mairie de Neuilly (le 30 septembre dernier) pour introniser son porte-parole, il était bien au dessus de toute cette mauvaise cuisine électorale.

 

Ils auraient pu ajouter qu’effectivement Nicolas Sarkozy était intervenu sur un sujet qui préoccupe au plus haut point les Français.

 

La meilleure preuve n’est-elle pas que, contrairement à ce qu’a essayé de marteler le Chef de l’Etat (comptez le nombre de fois où il a prononcé «traité simplifié» en cinq minutes), les deux Assemblées ont adopté un texte qu’avait rejeté le referendum de 2005, dans la plus totale indifférence. Et ceci alors que l’ancien Président Giscard d’Estaing a passé une semaine à se répandre dans les médias pour expliquer que Lisbonne n’était qu’une simple réécriture du TC, et regretter que les 27 n’aient même pas profité de l’occasion pour ajouter la moindre proposition.

 

Cette merveilleuse mascarade se conclura sans doute par le maintien de David Martinon à son poste élyséen jusqu’au 16 mars, peut-être même jusqu’au 17 au matin…

10 février 2008

Etonnant, non ?

Alors que la gauche demeure toujours inexistante, embourbée dans ses problèmes internes et électoralistes (pour les idées, on verra plus tard…), l’essentiel des effectifs des opposants aux Président de la République sont issus des rangs de la majorité.

93d2b513404862a27bac65e5271f484e.jpgEt c’est le rapport de la commission dite «Attali» qui aura achevé de délier les langues. Par ailleurs, les critiques ne portent plus seulement sur le comportement du Chef de l’Etat, mais aussi sur l’une de ses conséquences qu’est le fonctionnement de l’équipe gouvernementale.

 

Reconnaissons que les arguments ne manquent pas.

 

Il y a bien entendu le people. A l’occasion de sa conférence de presse du début de l’année, le Président de la République reprochait aux média et à la presse de trop s’intéresser à sa vie privée, pour quelques semaines plus tard s’empresser de l’évoquer (alors que l’on ne lui avait rien demandé) à la fin d’un discours qu’il tenait devant des salariés de l’usine Arcelor-Mittal dont l’emploi est menacé, et dès les jours suivants déposer plainte contre le site web d’un hebdomadaire ayant communiqué sur la passion favorite de Nicolas Sarkozy, les SMS…

 

Tout ceci n’aurait que très peu d’importance s’il remplissait, conformément à ses engagements, la mission que près de 19 millions de Français lui ont confiée.

Il y a d’abord eu la loi TEPA et ses 15 milliards d’euros dépensés essentiellement en faveur de ceux dont les économies iront à l’épargne, mesure qui n’est pas la plus judicieuse pour celui qui se voulait avant tout le Président du pouvoir d’achat.

Vint ensuite la réforme des régimes spéciaux. Certes, personne d’autre n’était parvenu à la réaliser auparavant, mais le triomphe doit être modeste, les compensations accordées aux salariés annulant pour de nombreuses années l’essentiel des gains escomptés. Par ailleurs, les sommes en jeu sont très faibles par rapport aux milliards qu’il faudra trouver d’ici 10 ou 15 ans pour financer le régime général.

 

Aujourd’hui, alors que le Président tchadien vient d’échapper à un coup d’Etat, propose de gracier les membres de l’Arche de Zoé. Il faudrait vraiment être mauvaise langue pour y voir une quelconque relation de cause à effet, mais un procès ayant déjà eu lieu en France depuis le retour des prisonniers, une grâce éventuelle de la part d’Idriss Déby devra certainement entrainer une décision de la Justice française. Que dira alors celui qui, dès le 8 juin 2006, déclarait que «si un jour je devais avoir des responsabilités, une des premières choses que je ferais, c’est de supprimer le droit de grâce et l’amnistie», et qui n’a cessé de le répéter durant toute la campagne électorale ?

 

On pourrait trouver d’autres exemples, mais le véritable déclencheur de la grogne est, curieusement, un simple rapport d’experts !

 

Alors que les propositions de Jacques Attali n’ont encore fait l’objet d’aucun débat ni même du moindre projet de loi, on enterre, dès leur publication, une éventuelle réforme des départements, des professions de taxis, de pharmaciens, etc, etc, etc… Tout ceci ayant été négocié, après une visite à Matignon pour la forme, à l’Elysée ! Inutile de rappeler que lors de l’installation de la commission, le Président s’était engagé à accepter l’ensemble des propositions qu’elle formulerait…

 

Nicolas Sarkozy, après avoir décidé de remplir à lui seul les fonctions de l’exécutif, voudrait-il maintenant confier à des experts, aussi prestigieux soient-ils, le pouvoir législatif ? Cela lui procurerait au moins l’avantage de pouvoir s’exprimer directement devant eux sans à avoir à passer par une éventuelle modification de la Constitution…

 

N’exagérons tout de même pas les responsabilités du Président dans cette affaire. Parmi les grognards qui s’expriment aujourd’hui, nombreux sont ceux qui s’étaient, avant même le 14 janvier 2007, jetés dans les bras du candidat malgré les réserves exprimées par quelques courageux.

 

Nous naviguons depuis le mois de mai entre people et populisme. Et la politique, c’est pour quand ?

06 février 2008

Attalisme 268

La décision 268 du rapport Attali, qui suggère de soumettre à condition de revenu les allocations familiales, déchaine les passions.

 

3f0a311bfd3561dee425a8059cbde89f.jpgCette prestation, créée en 1932 après quelques expérimentations privées au début du 20ème siècle, a pour but de favoriser la natalité, ou plus exactement à faire que la décision d’avoir un enfant ne soit pas freinée par une éventuelle contrainte financière.

 

La mesure a été imaginée il y a presqu’un siècle, dans un contexte bien différent de celui que nous vivons actuellement. Si des lois d’inspiration philosophique supportent à merveille (telle la loi de 1905 sur la laïcité) l’épreuve du temps, d’autres, basées sur un contexte économique donné, mais en perpétuelle évolution, doivent en permanence subir l’épreuve de la critique, critique qui se doit d’être constructive, et ne peut par conséquent se passer de propositions alternatives.

 

c5248c7f438cf91b871b36cbcf29ed45.jpgQui oserait aujourd’hui prétendre qu’à partir d’un certain niveau de richesse (qu’il convient bien entendu de définir, et peut-être avec l’aide de l’excellente étude réalisée par Philippe Villemus), le critère financier intervienne dans la décision d’agrandir la famille ?

 

Qui oserait prétendre aujourd’hui que l’attribution sous condition des allocations familiales aurait une quelconque influence sur la natalité en France ?

 

A l’inverse, une plus grande justice sociale et un encouragement sincère en faveur de la natalité passerait sans doute par l’attribution, toujours sous condition de ressources, des allocations familiales dès le premier enfant !

 

Par ailleurs, chez les ménages les plus aisés, les prestations familiales sont dirigées, de façon quasi-systématique, vers l’épargne, et ne contribuent en aucun cas à la relance et au développement du pouvoir d’achat voulus par le Président de la République.

 

Plus généralement, le «rapport Attali» doit être abordé avec un peu plus de sérénité. Le passé politique de l’auteur ne peut en aucun cas justifier que l’UMP le rejette en totalité, ni que le PS, totalement inaudible, ne trouve autre chose à dire que ce document «a le mérite d’exister».

 

A défaut d’élever le débat, tentons au moins de le dépassionner…

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