Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

19 mars 2008

Dommage…

Il est regrettable qu’il faille passer par un tel désastre, tant en termes de résultats électoraux pour la majorité (et pour l’UMP en particulier) qu’en termes de participation (record historique d’abstention aux municipales depuis 1959), pour que le Président de la République et le mouvement majoritaire commencent à réfléchir.

 

42cc59ce4117900be80e8e67ccdc06c6.jpgDe nombreuses personnalités de la majorité, et Dominique de Villepin en particulier, tiraient pourtant régulièrement le signal d’alarme depuis plusieurs mois. Mais dans l’euphorie qui a suivi la victoire du 6 mai, et malgré le léger avertissement du second tour des législatives, on a préféré les faire passer pour des opposants (parfois même pour de mauvais perdants) plutôt que de corriger le tir pendant qu’il était encore temps…

 

Aujourd’hui, les chiffres sont là: plus de 40 villes de plus de 20000 habitants gagnées par la gauche, sans oublier 8 ou 9 présidences de départements perdues par la majorité.

 

Il est indéniable que la méthode Sarkozy et l’organisation (ou plutôt la désorganisation) de l’UMP ont largement influé sur le résultat, et ceci alors que le PS et la gauche sont embourbés dans une inextricable guerre des chefs et ne sont en mesure de proposer aucune alternative crédible sur le plan idéologique. Notre cuisante défaite est injustifiable, et l’argument du rééquilibrage par rapport à 2001 n’y changera rien, d’autant moins que les candidats qui avaient un véritable bilan ou un réel projet ont, en général, été élus ou réélus.

 

Le RPR était une formidable machine électorale parce qu’il rassemblait des gens qui pensaient globalement la même chose, et pouvaient donc partir au combat électoral de façon unitaire et sans trop d’état d’âme. Nous étions encore dans la philosophie de la Vème République qui veut que les partis politiques participent au débat d’idées et ne sont pas de simples fabriques de candidats.

 

L’UMP, à l’inverse, a commencé par regrouper des individus qui n’avaient pas grand chose à faire ensemble. Tant qu’elle a eu un Président, les divergences ont été masquées par le «culte du chef», hérité du passé. Sans véritable dirigeant depuis mai dernier, il ne faut pas s’étonner de la multiplication des candidatures «dissidentes-légitimes» ou «légitimes-dissidentes» qui ont contribué à l’échec de dimanche dernier.

 

De solides accords électoraux basés sur la représentativité de divers mouvements politiques ne valent-ils pas mieux qu’un parti «fourre-tout» incapable de gagner une élection alors que son adversaire est à terre ?

 

Espérons que l’éviction de David Martinon (que j’annonçais pour le pour le 16 ou 17 mars dans une note du 11 février…) ou l’entrée au gouvernement (que je n’aurais jamais osé imaginer…) de l’excellente, distinguée, mais sans doute néanmoins compétente Nadine Morano seront de nature à redonner un peu d’élan à la majorité pour affronter les prochains scrutins européens (2009) et régionaux (2010)…

Les commentaires sont fermés.