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28 janvier 2009

« Chacun a un rôle dans la démocratie »

« Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit » déclarait il y a quelque temps le Président de la République.  Pire encore, nous sommes passé, entre le 20 et le 27 janvier (c’était hier…), de « j’écoute, mais j’tiens pas compte » à « j’écoute les inquiétudes, et j’en tiens compte » !... Et même si les sujets n’étaient pas identiques, cela témoigne d’un certain état d’esprit.

090128 mai68.jpg« Chacun a un rôle dans la démocratie », répond ce soir Dominique de Villepin sur I-Télé.

Pourtant, il semble que demain chacun devrait se rendre compte qu’il y aura une grève, qu’il sera difficile de ne pas en tenir compte, et que personne n’aura véritablement joué son rôle.

Les syndicats, bien qu’à l’initiative du mouvement, seront à la traine faute de revendication précise. Le Premier Ministre (relégué au rang de collaborateur), les ministres, et les parlementaires de la majorité (caporalisés pour la majeure partie d’entre eux) demeureront sans doute, sauf peut-être Frédéric Lefebvre (…), très discrets, tout comme l’opposition qui, en manque d’idée(s), n’aura d’autre solution que de défiler pour tenter d’exister. Quant au Président, comme à son habitude, il essayera certainement, dès vendredi, de passer à autre chose.

Cependant, même si ne manifesteront essentiellement que ceux que l’on qualifie généralement de « privilégiés », ils relaieront un sentiment diffus, mais bien réel, d’inquiétude qui règne dans l’ensemble de la société, et auquel on ne peut répondre, comme ne cesse de le répéter Dominique de Villepin depuis bientôt deux ans, que par un pacte sur l’essentiel.

Aussi, chacun doit reprendre rapidement la place qui est la sienne, et le pouvoir doit écouter et répondre concrètement à l’angoisse des Français (accentuée par la crise), faute de quoi le tant redouté mai 2008 qui n’a pas eu lieu pourrait aisément se transformer en mai 2009, avril 2009, ou peut-être même mars 2009…

19 janvier 2009

Mini-remaniement, maxi-stratégie, et petites sanctions entre amis…

 

 

 

Nous approchons du terme de ce que l’on appelle abusivement un mini-remaniement, qui aura maxi-duré (Patrick Devedjian a été nommé le 5 décembre), concerné plus de 10 personnes, nécessité pas moins de 4 décrets, et devrait se conclure par un 5ème officialisant la nomination d’un nouveau secrétaire d’Etat à l’écologie.

 

090118 bricolage.jpgTout cela sans compter qu’il ne s’agit sans doute que d’un avant-goût du « remaniement permanent », puisque l’on apprend aujourd’hui que Michel Barnier devrait quitter le gouvernement pour conduire la campagne européenne, qu’après ce scrutin quelques changements seront probablement inévitables, etc, etc…

 

Si la promotion de Brice Hortefeux, fidèle de la première heure, n’appelle pas de commentaire particulier (certains se souviendront tout de même de l’ami de 30 ans…), on peut s’interroger sur le sort d’Eric Besson, passé en à peine plus d’un an du secrétariat national du PS à (bientôt) la direction de l’UMP, et de « l’inquiétante rupture de M. Sarkozy » à « l’inquiétante idolâtrie de M. Besson»…

 

De même, on pourra se poser quelques questions sur les clefs de l’UMP confiées à Xavier Bertrand, lui qui a toujours été fidèle, mais à tellement de monde, et surtout à lui même… et s’amuser du bureau et du téléphone (il avait déjà la voiture…) offerts à Patrick Devedjian pour libérer la place (sans doute devra-t-il attendre son éviction de la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine pour commencer à comprendre…).

 

Autre aspect de ces multiples remaniements, la marginalisation des adversaires. Si l’opération Le Maire a peut-être semé le trouble chez deux ou trois partisans de Dominique de Villepin, il n’aura visiblement pas été possible de débaucher Bruno Retailleau pour tenter d’affaiblir Villiers à la veille des élections européennes. Qu’à cela ne tienne, on se sera vengé sur Nathalie Kosciusko-Morizet qui, malgré toutes ses déclarations et alors qu’elle se consacre à l’écologie depuis une bonne dizaine d’années, devra se contenter du strapontin offert à Eric Besson lorsqu’il était encore en période d’essai, qui plus est amputé de l’évaluation des politiques publiques !

 

Mais NKM n’est pas la seule victime de ce jeu de chaises musicales. Bernard Laporte et Roseline Bachelot ont perdu la jeunesse, Christine Boutin la ville. Seule Michèle Alliot-Marie semble avoir (provisoirement ?) sauvé sa peau, peut-être pour être restée à Paris pendant les congés de sa majesté et de son collaborateur…

 

Soyons tout de même rassurés, toutes ces manœuvres politiciennes auront finalement préservé l’essentiel: Frédéric Lefebvre n’est pas ministre de la culture !