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09 octobre 2009

La mauvaise politique

Le temps n’est plus de juger ce qu’a pu faire ou non Frédéric Mitterrand.

091009 mauvaise vie.jpgIl l’a écrit dans La Mauvaise Vie en mars 2005, le livre a bénéficié d’une abondante couverture médiatique à sa sortie (et le passage incriminé a été largement évoqué, tant à la télévision que dans la presse papier), s’est vendu à 200 000 exemplaires et a depuis été publié en édition de poche.

Face à un Front National qui, comme à son habitude, tente de pousser le débat politique dans le caniveau, le ministre de la culture n’a pas été aidé par les aboyeurs habituels de l’UMP qui parlent de respect de la vie privée alors que la publication d’un récit a rendu les faits publics, ni par un PS qui, ne sachant plus où il en est, hésite entre le soutien à celui qui a été l’un des leurs ou le lynchage du traitre.

Il s’est donc rendu sur TF1. C’était pourtant au président de la République (ou à son premier ministre qui, comme le veut la Constitution, propose la liste du gouvernement...) de justifier le choix qu’il a effectué (espérons-le…) en toute connaissance de causes, et mettre ainsi un terme à la polémique qui nous fait oublier les évènements à l’origine de la controverse, à savoir deux viols de jeunes filles de 13 ans et le meurtre d’une femme de 42 ans !

Une fois de plus, on a zappé, et le sujet qui mérite un débat serein et apaisé devra sans doute attendre le prochain fait divers pour réapparaitre... (cf. La comédie des émotions – 2/10/09)

De même, les téléspectateurs avaient sans doute déjà zappé hier soir avant la fin de l’entretien de Frédéric Mitterrand avec Laurence Ferrari, puisque personne ne semble avoir retenu le seul passage véritablement intéressant, le mea culpa du ministre sur l’affaire Polanski lorsqu’il reconnait d’avoir eu le tort de réagir sous le coup de l’émotion.

On attend maintenant avec impatience l’avis du docteur Kouchner sur la missive que mister Bernard, sans doute lui aussi sous le coup de l’émotion, a adressée à Hilary Clinton dès l’arrestation du cinéaste.

Dominique de Villepin, qui rencontrait il y a une semaine les jeunes de son club, expliquait que gouverner, ce n’est pas réagir par la passion, que l’on ne gouverne pas un pays à travers l’émotion, que l’on ne gouverne pas non plus sous le feu des projecteurs.

La preuve par l’exemple…

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