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23 février 2010

Un ch’ti burger ?

Les Quick Halal font polémique depuis quelques jours, depuis que le maire socialiste de Roubaix, René Vandierendonck, candidat aux régionales, a décidé de porter plainte contre le gérant du fast-food de sa ville, Pascal Nys, par ailleurs adjoint UMP d'une commune voisine (Hem), membre comme elle de Lille Métropole, et dont le maire, Francis Vercamer, n'est autre que le député (UMP ex-UDF) de la circonscription. Etonnant, non ?

 

100221 Quick.jpgTout ceci alors que le "restaurant" de Roubaix propose cette offre depuis le 30 novembre dernier, qu'il est déjà le 8ème à vendre du 100% Halal après ses confrères de région parisienne, Toulouse et Marseille, et alors que la presse s'était largement fait l'écho de ces nouvelles pratiques commerciales depuis le printemps 2009, La Voix du Nord ayant évoqué le sujet à plusieurs reprises depuis le 12 décembre dernier.

 

On assiste donc de toute évidence à un règlement de compte politique (a minima à une tentative de récupération), amplifié par le désastreux débat sur l'identité nationale et la proximité du scrutin régional pour lequel tous les coups semblent permis, à un point tel que l'élu socialiste et son alter ego de l'UMP défendent au final des thèses à l'opposé de celles généralement répandues dans leurs formations respectives.

 

Au-delà du ridicule de cette polémique et de la situation, il faut bien comprendre que la chaine Quick, pourtant financée à 94 % par la Caisse des Dépôts et Consignation via sa filiale Qualium Investissement, donc par l'Etat, n'a que faire de la République, que sa seule valeur est l'euro, essentiellement celui qui contribue au bénéfice, net après impôt de préférence.

 

Pourtant, en proposant la seule offre halal qui pourrait cependant légitimement cohabiter avec les menus proposés dans les 354 autres établissements, l'entreprise renforce bien entendu le communautarisme en sélectionnant de fait une clientèle sur des critères religieux, qui plus est dans des villes ou quartiers ou l'intégration pose déjà problème.

 

100223 ali soumare.jpgMême si l'affaire est nettement plus grave puisque portant des attaques personnelles, le cas Ali Soumaré est dans une certaine mesure comparable. Lorsque l'on n'a pas ou plus d'idées, que la seule motivation est la conquête du pouvoir et que finalement, on a l'impression que le candidat d'en face est plutôt solide, tous les coups, même les plus bas, semblent toujours permis (lire sur le sujet le post de David Doucet sur le blog Reversus).

 

S'il est assez inquiétant d'apprendre que Francis Delattre et Axel Poniatowski portent leurs accusations sur la base de documents auxquels ils n'auraient jamais dû avoir accès et qui n'auraient a fortiori jamais dû se retrouver sur la place publique;

 

s'il est toutefois assez amusant de constater, au-delà de la médiocrité, l'amateurisme des deux hommes qui semblent avoir oublié de vérifier l'ensemble de leurs "informations" avant de les "publier" (ils ont été démentis par le procureur de la République sur plusieurs de leurs accusations);

 

il est finalement surtout rassurant de voir que tout le monde n'accepte pas ces méthodes indignes et d'un autre temps: Rama Yade en prenant beaucoup de distance avec la campagne, Nicolas Dupont-Aignan en dénonçant une "politique politicienne nauséabonde", la palme revenant à Chantal Jouannno qui, s'exprimant dimanche sur Radio J, a estimé qu'en politique, "Il ne faut jamais juger les personnes qui sont en face de nous mais seulement juger leur programme et leurs idées".

 

Ce n'est pas parce que l'immense majorité des politiques n'ont jamais rien compris au "peer to peer" (allant jusqu'à voter des lois aussi inutiles que contournables, et par conséquent aussi inapplicables qu'inefficaces) qu'ils ont l'absolue nécessité d'inventer ou de réinventer le "pire du pire"...

Commentaires

entiérement d'accord avec votre analyse cher 34 républicain, et si maintenant on pouvait parler des thémes normaux de la campagne sans se salir les uns les autres dans le nauséabond, la démocratie en sortirait renforcée et nos valeurs républicaines aussi par la meme occasion...

Écrit par : frederic BRIAND | 24 février 2010

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