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25 mars 2010

Un scrutin local ?

Certes, le président de la république a longuement hésité sur la dimension à donner aux élections régionales, se contredisant à plusieurs reprises, tant dans ses propos que dans ses actes, mais nous en resterons à ses dernières déclarations officielles au journal télévisé de TF1 du 25 janvier selon lesquelles il estimait que le chef de l'Etat n'avait pas à se mêler d'un scrutin local.

 

En conséquence, les nombreux ministres candidats ayant été tous battus, aucun remaniement gouvernemental ne s'imposait, pas plus que Nicolas Sarkozy n'avait à s'exprimer au lendemain de ce scrutin.

 

C'est pourtant tout l'inverse qui s'est produit, et de quelle façon...

 

Nous avons tout d'abord assisté à un remaniement cosmétique, avec trois entrées symboliques: un chiraquien (qui quelques jours auparavant était encore très critique sur la politique conduite depuis 2007...), un villepiniste (qui n'avait pas hésité à faire faire du stop au candidat Balladur en 1995, lequel avait eu la chance de croiser la route de la cousine de Georges Tron au plus profond de la Provence...), et un centriste (sans commentaire...). Un mouvement gouvernemental qui a été complété par la nomination à la tête de la HALDE d'une militante UMP... (#ilfautcalmerlesparlementaires)

 

100324 crise.jpgLe deuxième acte a consisté en une allocution à l'issue du conseil des ministres au cours de laquelle le président s'est adressé pour l'essentiel aux agriculteurs, aux médecins, et à ceux qui semblent enfin se rendre compte qu'il est, de façon plus ou moins directe, en charge de la sécurité depuis 2002. (#clientélisme, #cestlepresidentdelumpquiparle, #recupduFN)

 

Une allocution pour rappeler au final que tout ce qui a été fait depuis 2007 est parfait mais que la crise mondiale ne permettait pas d'en mesurer aujourd'hui les résultats, et qu'il n'y avait finalement aucune raison de changer quoi que ce soit. (#guainomanquedinspirationouestentraindefairesesvalises)

 

Enfin, même si cela est passé relativement inaperçu depuis dimanche (peut-être en rapport avec ce qu'elle représente aujourd'hui politiquement...), l'attitude de Michèle Alliot-Marie est assez intéressante à observer. Elle a, dès lundi, modifié le logo de son mouvement Le Chêne, singeant celui de l'ex-RPR (lorsqu'il avait déjà abandonné le bonnet phrygien), et s'est fendue hier d'une attaque en règle contre Dominique de Villepin. (#ilsnousprennentpourdes"biiip"commefreche)

 

Autant de preuves que l'ancien Premier Ministre a depuis longtemps fait le bon diagnostic, et que sa décision de créer un nouveau rassemblement (pour une autre politique ? Tiens, le RAP... Nicolas Dupont-Aignan en a parlé hier sur son blog et DDV a évoqué Philippe Séguin ce matin en conférence de presse...) semble déranger. Quoi qu'il en soit, Dominique de Villepin a donné aujourd'hui rendez-vous aux Français pour un congrès fondateur le 19 juin prochain, 70 ans après... (#laFrancerassemblée)

16 mars 2010

Jacques, Raymond, Nicolas… Même combat ?

Tout le monde a encore en mémoire les exploits du député Jacques Domergue qui, après avoir courageusement changé de circonscription en 2007, a péniblement atteint 29.50 % des voix en finale des municipales 2008 à Montpellier après un médiocre 26.13% au premier tour.

 

070827 couderc.jpgOn pouvait alors légitiment penser avoir touché le fond, mais c'était sans compter sur le sénateur et maire de Béziers, candidat aux élections régionales, qui n'est pas parvenu dimanche à franchir la barre des 20% ! La question est donc maintenant de savoir s'il arrivera le 21 mars à passer le seuil des 25 ou, soyons fous, des 30%...

 

Raymond Couderc est en effet un rival plus que sérieux pour le député de la 1ère circonscription. Il n'a obtenu sur Montpellier que la moitié du score de Jacques Domergue en 2008 (13.86% contre 26.13). Sur l'Hérault, département dont il est l'élu, son résultat est inférieur à sa moyenne régionale (18.62% vs 19.63), et il ne recueille que 34.44% à Béziers alors qu'il avait été réélu dès le premier tour il y a deux ans... Même Christian Jeanjean, qui n'a pourtant totalisé que 2.03% des suffrages sur la région a fait 51.72% dans sa ville de Palavas !

 

Alors évidemment, on nous explique en Languedoc-Roussillon comme ailleurs que la forte abstention ne permet pas de tirer le moindre enseignement de ce scrutin. Au-delà du fait que les mêmes se déclaraient grands vainqueurs des européennes de juin dernier avec un taux de participation de 40.63% (46.36% pour les régionales), les résultats de dimanche sont au contraire alarmants pour la majorité actuelle.

 

En effet, plus l'abstention est forte, plus la part des militants et sympathisants des partis politiques est prépondérante dans le nombre des suffrages exprimés. Le scrutin de dimanche est donc plus que jamais révélateur du profond malaise qui règne au sein de la majorité et, au-delà, de l'échec de la politique conduite depuis 2007.

 

Il confirme aussi les deux erreurs majeures de Jacques Chirac: le quinquennat et la création de l'UMP. Le quinquennat qui fait que les scrutins locaux sont de plus en plus impactés par des considérations nationales, l'UMP pour avoir tenté de rassembler des gens qui n'ont pas grand chose à faire ensemble, avec toutes les conséquences que cela engendre (rétrécissement de la majorité et absence de réserves pour le second tour). La France, ce vieux pays d'un vieux continent, ne veut pas de la bipolarisation. Le succès prévisible de l'alliance au deuxième tour entre Europe écologie et les socialistes en sera certainement la meilleure preuve, alors que la majorité va probablement enregistrer son plus mauvais score depuis 1981, voire sous la 5ème République. La leçon devra être méditée, méditée, encore méditée avant de tenter d'imposer un scrutin à un tour pour l'élection des futurs conseillers territoriaux...

 

Ce triste diagnostic n'empêche toutefois pas de rire un peu, en se souvenant ente autres des déclarations du président de la République qui se vantait, à peine élu, d'avoir mis fin à l'abstention et d'avoir réduit le Front National à sa plus simple expression !

 

Chaque jour confirme un peu plus qu'en 2012 les électeurs auront le choix entre l'alternance et l'alternative. Espérons que l'alternative l'emporte...