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28 juin 2011

De l’humour corrézien à la sincérité des écrits…

chirac-villepin 2.jpgLe trait d’humour, corrézien dit-on, de Jacques Chirac a semé le doute dans une opinion publique déjà profondément troublée par une vie politique de plus en plus marquée par le jeu politicien auquel les communicants tentent d’imposer leurs règles.

Le président de République Solidaire lui-même, habituellement peu sensible au buzz politico-médiatique, semble avoir été touché par la boutade de l’ancien chef de l’Etat.

En s’exprimant comme il l’a fait, Jacques Chirac ne voulait pourtant sans doute dire autre chose que "La France doit changer de président en 2012".

Quant à l’opinion qu’il a de Dominique de Villepin, que ce dernier n’ait aucune crainte. Pour preuve, voici ce qu’écrit Jacques Chirac sur lui dès les premières pages du tome 2 de ses mémoires, Le Temps Présidentiel:

"En confiant à Dominique de Villepin les fonctions de secrétaire général de l’Elysée, j’ai l’assurance que tout sera fait pour garantir, dans l’action quotidienne, cette parfaite entente entre les deux pôles de l’exécutif. Ancien directeur du cabinet d’Alain Juppé au ministère des Affaires étrangères, il me paraît le mieux qualifié pour entretenir et préserver à tout moment avec l’équipe de Matignon et son interlocuteur direct, Maurice Gourdault-Montagne, une coopération que je sais indispensable au bon fonctionnement de l’Etat.

Je n’ai pas choisi Dominique de Villepin pour cette seule raison. Le plus difficile, dans l’exercice du pouvoir, est de se doter de collaborateurs qui osent affirmer ce qu’ils pensent à celui qui les dirige, sans craindre de lui déplaire, ni se contenter d’abonder dans le sens de ce que lui, selon eux, souhaite entendre. Le phénomène de cour est inhérent au fonctionnement des entourages. C’est un mal inévitable qui peut devenir fatal si l’on ne dispose pas de solides contre-feux pour en limiter les effets. Homme de caractère comme on en dénombre peu au sein de l’appareil d’Etat, inventif, fougueux, stimulant, riche d’une expérience internationale acquise dès sa jeunesse, peu enclin à masquer ses convictions ou à atténuer ses jugements, Dominique de Villepin est un excellent antidote à cet esprit courtisan où la servilité le dispute toujours au conformisme.

Je sais pouvoir compter sur sa franchise et sa loyauté depuis ce jour, au tout début des années quatre-vingt, où, alors jeune diplomate et déjà intégré à l’équipe de mes conseillers à la Mairie de Paris, il me recommanda sans ménagement de renoncer à un discours de politique étrangère sur lequel j’avais sollicité son opinion.

(…) Avant même d’être élu à la présidence de la République, il était acquis qu’en cas de victoire je ferais appel à Dominique de Villepin pour prendre en main le secrétariat général de l’Elysée. Une telle responsabilité requiert des hommes ayant la conception exigeante et passionnée du service de l’Etat. Dominique de Villepin se fait, à juste titre, une haute idée de sa fonction. Pour lui, l’ambition d’agir et d’entreprendre ne saurait se passer de culture, de style et d’idéal. Il possède les trois avec un égal brio. Est-il trop enclin à s’enflammer, à se laisser emporter par ses élans, comme lui en font grief ceux qui ont de la France une vision plus étriquée ? Au moins ne pèche-t-il pas, comme tant d’autres, par manque d’audace, de souffle et de hauteur de vue. De telles qualités importent à mes yeux, même s’il m’appartient, en dernier ressort, de toujours faire la part des choses entre ce que l’on me dit et ce que je pense."

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