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26 septembre 2011

Sénatoriales, quelques enseignements…

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Avant de tirer quelques modestes enseignements des élections sénatoriales, il convient de se pencher sur le collège électoral.

La moitié des 145 000 grands électeurs étaient appelés à s’exprimer dimanche, parmi lesquels 95% de délégués des conseils municipaux.

Sachant que 55% de nos bourgades comptent moins de 500 âmes, 85% moins de 2 000, et que les villes de plus de 10 000 habitants ne pèsent que pour 2.4% sur le total des 36 682 communes françaises, il convient de relativiser l’exploitation politicienne que tentent de faire de ce scrutin l’UMP et le PS, même si le nombre de délégués des conseils municipaux s’accroit de façon exponentielle au-delà de 3 500 habitants, jusqu’à la nomination de "grands électeurs" généralement inféodés à un élu ou un parti dans les villes de plus de 30 000 Ha.

Ces quelques chiffres suffisent à démontrer que NON, les résultats de dimanche ne sont pas la simple résultante des élections municipales, régionales et cantonales intervenues depuis 2007. En développant cette argumentation hier soir et avant de conclure que finalement le Sénat ne servait à rien puisque députés et gouvernement pouvaient comploter entre amis, POM, Patrick Ollier dans le civil et accessoirement ministre des relations avec le parlement, ne s’est pas grandi.

110926 larcher.jpgEn se posant en futur président de la haute assemblée avant même la publication définitive des résultats, le président du groupe socialiste Jean-Pierre Bel n’a pas non plus gagné le moindre centimètre. Faut-il lui rappeler qu’aucun président, de gauche ou centre gauche (Gaston Monnerville, Alain Poher) comme "de droite" (René Monory, Christian Poncelet ou Gérard Larcher), n’a jusqu’à présent dirigé un groupe politique avant d’accéder au "plateau" ? Alors que la candidature de Gérard Larcher est tout à fait légitime compte tenu de l’équilibre instable résultant du scrutin de dimanche et de sa personnalité (Gérard Longuet pourrait porter une lourde responsabilité sur l’issue du vote), la gauche gagnerait sans doute en crédibilité en présentant des candidats plus consensuels, comme Catherine Tasca ou, pourquoi pas et surtout, Jean-Pierre Chevènement, ce gaulliste qui s’ignore.

Mais au-delà de toute considération électoraliste et politicienne, il est aussi légitime de s’interroger plus au fond sur l’évolution du Sénat.

Elus pour 9 ans, renouvelables par tiers, les sénateurs incarnaient jusqu’à ces dernières années, avec le président de la République, la stabilité et la continuité de l’Etat, dans le cadre de l’équilibre du 5-7-9 imaginé par le rédacteur de la constitution, Michel Debré.

Cinq ans pour les députés qui sont à la manœuvre quotidienne avec le gouvernement en matière de politique intérieure; sept ans pour le président qui symbolise la continuité de l’Etat, fort notamment de ses prérogatives en matière de politique étrangère et de défense; neuf ans pour les sénateurs qui, par leur ancrage territorial lié à leur collège électoral et à la durée de leur mandat, apportaient la stabilité à la République.

5-7-9 donc, quotidienneté-continuité-stabilité…

Au lieu de cela, on a ramené en 2000 le mandat présidentiel à 5 ans, et celui des sénateurs à 6 en 2003.

5-5-6, une nouvelle suite sans autre logique qu’une confiscation du pouvoir au profit de quelques uns, des partis politiques en fait…

Une élection de Jean-Pierre Bel à la présidence du Sénat le 1er octobre viendrait conforter cette théorie. Un autre scénario laisserait encore quelque espoir…

110709 chevenement.jpgEn quittant il y a quelques jours la présidence de République Solidaire, Dominique de Villepin a souhaité prendre ses distances avec les partis politiques qui, loin d’être des laboratoires d’idées, ne sont devenus que des écuries électorales. Le Sénat a jusqu’à présent échappé à la dictature des partis, puisse-t-il toujours en être ainsi et, comme le souhaite ce soir Jean-Pierre Chevènement dans un communiqué, que le basculement à gauche du Sénat soit l'occasion de "faire accéder aux postes de responsabilités des femmes et des hommes de valeur" issus de "toutes les sensibilités".

20 septembre 2011

Il sera donc candidat

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Dominique de Villepin a réuni lundi soir pour la première et dernière fois le bureau politique de République Solidaire, mouvement créé le 19 juin 2010, qu’il présidait depuis l’origine.

Ce 19 septembre marque aussi sa relaxe définitive dans l’affaire Clearstream, le parquet ayant décidé de ne pas se pourvoir en cassation.

Ainsi, comme le souhaitait le député Daniel Garrigue dans un communiqué publié mercredi dernier, Dominique de Villepin retrouve aujourd’hui « toute sa liberté de parole et d'expression ».

Il la retrouve d’autant plus qu’il a quitté la présidence de République Solidaire pour « se consacrer pleinement à la définition d’une politique de rassemblement national pour faire face aux défis inédits qu’affronte la France ».

Après une rentrée confuse, entre rumeurs d’alliance avec François Bayrou (qui n’a toujours pas compris que son score de 2007 n’est qu’un savant mélange d’anti-sarkozysme et de tout sauf Royal et que ses gesticulations politiciennes entre gauche et droite lui confèrent aujourd’hui un potentiel électoral bien inférieur à son résultat de 2002) et volonté de créer une dream-team dont se dégagerait un leader, Dominique de Villepin retrouve enfin ses accents gaullistes.

Oui, sous la Vème République, l’élection présidentielle est la rencontre entre une femme ou un homme et le peuple. Et l’article IV de notre constitution est limpide, « Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage », ils n’en détiennent en aucun cas le monopole !

C’est pourtant ce monopole qui a tenté de s’imposer aussi chez République Solidaire lorsque Dominique de Villepin a présenté son projet au printemps. Certes le quinquennat a instauré la confusion entre les mandats présidentiels et législatifs, lesquels sont pourtant, en vertu notamment de la séparation des pouvoirs, bien distincts.

Au candidat à l’élection présidentielle de présenter un projet, aux partis politiques et aux parlementaires décidant de le soutenir de le traduire et/ou de l’amender dans le cadre du mandat législatif. Il s’agit bien de deux élections différentes, et le rétablissement de durées de mandats distinctes permettrait sans aucun doute de clarifier les choses.

Mais si Dominique de Villepin se libère de ses attaches partisanes, il sait bien que ses soutiens de la première heure demeurent adhérents, sympathisants, parfois même grognards de République Solidaire, un mouvement créé, toutes proportions gardées, un peu dans les mêmes conditions que le RPF en 1947.

Aussi, pour que perdure le mouvement, il a souhaité confier les rênes à Jean-Pierre Grand (député de l’Hérault) et Marc Bernier (député de la Mayenne), deux parlementaires expérimentés et suffisamment ouverts et tolérants pour tenir le cap du large rassemblement voulu par Dominique de Villepin.

P1160225-2.jpgLe nouveau président, Jean-Pierre Grand, a longtemps été le collaborateur de Jacques Chaban-Delmas, président de l’Assemblée Nationale et père de la Nouvelle Société. Il a su aussi, pendant près de 30 ans, travailler en bonne intelligence avec le socialiste Georges Frêche au sein du district puis de l’agglomération montpelliéraine dans l’intérêt de ses administrés.

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Mais s’il aura fallu attendre que le RPF soit moribond et une longue traversée du désert pour que le général de Gaulle revienne en 1958, espérons que les temps ont changé.

Et si le temps s’est accéléré, espérons alors pour 2012 une alternative plutôt que l’alternance, et évitons dans tous les cas en 2017 le Copé-collé ou la Valls à trois temps…