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17 janvier 2008

La continuité, ce n’est pas si mal parfois…

La France a signé mardi un accord avec les Emirats Arabes Unis qui verra la création d’une base militaire à Abu Dhabi.

 

 

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Le Président de la République perpétue ainsi une relation franco-émirienne initiée par Cheikh Zayed (fondateur des Emirats) et le général de Gaulle, confirmée par l’accord de coopération de défense de 1995.

 

A l’occasion d’un déplacement dans le golfe en avril 2004, Michèle Alliot-Marie, qui venait pour la troisième fois à Abu-Dhabi alors qu’elle n’était Ministre de la défense que depuis 14 ou 15 mois, déclarait déjà que le partenariat global entre nos deux pays «se manifeste par la présence très régulière de navires français», «qu’à la demande des autorités émiriennes, ces présences régulières se sont encore intensifiées», et que «ces relations se marquent également par les échanges de personnels, qu'il s'agisse d'officiers en formation ou qu'il s'agisse d'exercices faits en commun».

 

L’accord conclu cette semaine est donc l’aboutissement d’un long travail, de nombreux et fréquents déplacements de Mme Alliot-Marie dans les Emirats lorsqu’elle était ministre de la Défense, et d’une longue «complicité» entre nos deux pays.

 

En novembre 2004, au décès de Cheikh Zayed, Jacques Chirac a été l’un des rares Chefs d’Etat occidentaux à faire le déplacement pour se recueillir sur sa sépulture.

 

1ca527c4b730d498d51c91bf5a8d5209.jpgLe 23 avril 2006, Bernadette Chirac inaugurait à Dubaï le lycée Georges Pompidou qui accueille, avec son établissement annexe de l’Emirat voisin de Sharjah, environ 1500 élèves.

 

96401e592150a38900cd6553b0d27e03.jpgLe 8 octobre 2006, la «Sorbonne Abu-Dhabi » ouvrait ses portes, et Nicolas Sarkozy a, avant-hier, posé la première pierre du nouveau bâtiment qui permettra à notre faculté d’accueillir ses étudiants dans d’excellentes conditions. Il est important de noter que cette université «délocalisée» est mixte, et que les intervenants sont des professeurs français qui effectuent spécialement le déplacement depuis Paris pour dispenser leurs enseignements. C’est donc bien une véritable annexe de Paris IV.

 

0db624ff454c12e05535ad48543f8747.jpgAutant d’éléments qui devraient faire taire les opposants au «Louvre Abu-Dhabi», ceux qui craignent que le futur musée ne soit victime de censure au nom de la Charia. Quoi qu’il en soit, les accords ont été signés par Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de Dominique de Villepin, le 6 mars 2007, et le musée, œuvre de l’architecte français Jean Nouvel, devrait ouvrir ses portes en 2013.

 

Tout ceci tend à démontrer que le temps politique n’a vraiment rien, absolument rien à voir avec le temps médiatique qui règne en maître aujourd’hui. Tenter de faire coïncider les deux pour gagner une élection peut fonctionner, nous en avons eu la preuve au printemps dernier, au prix d’une «populismisation», d’une véritable OPA sur l’électorat d’extrême droite (je vous rappelle à cette occasion, et très immodestement, une notre que j’avais écrite le 24 avril 2007).

 

Nos dirigeants doivent toujours cependant avoir à l'esprit que candidat et Président de la République ne sont, malheureusement, pas synonymes, et que politique et médiatique n’ont absolument aucun rapport…

15 janvier 2008

Il faut PO-LI-TI-SER !

Il est assez amusant d’entendre parler de «politisation des élections municipales» depuis quelques jours.

 

Le Président de la République, qui avait déjà la semaine passée quelques soucis avec la définition de la monarchie, semble aussi ignorer que politique vient des mots latins et grecs politicus, politikos et polis, signifiant «ville, cité». Il ne peut donc y avoir plus politique que les élections municipales, au sens noble du terme, au plus près des préoccupations de chacun.

 

0a738c399e2f45d98a5759ace650115e.jpgIl s’agit en fait de faire un enjeu de portée nationale d’un scrutin local, et le motif avancé est qu’il ne faudrait pas reproduire l’échec des régionales de 2004.

 

L’argument est un peu court, puisque c’est exactement l’inverse qui s’est produit. C’est parce que l’on a laissé faire du scrutin de 2004 un enjeu national que les socialistes ont remporté la quasi-totalité des régions, de nombreux électeurs ayant saisi l’occasion pour sanctionner Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin. Le Premier Ministre actuel est bien placé pour le savoir: personne n’avait imaginé une seconde qu’il puisse perdre les Pays-de-la-Loire en 2004. L’année suivante, à l’occasion du referendum sur la ratification du TCE, le scénario s’est reproduit à l’identique.

 

Le Président de la République, après avoir «piqué» au Premier Ministre son boulot et sa résidence versaillaise, après avoir réduit les ministres à de simple exécutants de ce qui se décide à l’Elysée, voudrait maintenant prendre la place des 36000 maires de France ?