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13 juin 2007

Jeux de mots…

Depuis dimanche, depuis que Fabius a levé le lièvre, on ne parle que de cela, que de la TVA sociale, renommée hier par le Premier Ministre (sans doute pour être moins effrayante à quelques jours du second tour des élections législatives) TVA anti-délocalisations.

medium_070613_maurice_lauré.jpgParlons clair, comme le suggère depuis des mois le Président de la République. Il n’est question, ni plus ni moins, que d’agir sur le taux de TVA, cet impôt bien connu de tous, inventé par un Français, Maurice Lauré, mis en œuvre le 10 avril 1954 pour les grandes entreprises, et généralisé en 1966 par un certain Valéry Giscard d’Estaing, tous deux ministres des finances à quelques années d’intervalle.

L’idée est simple, et en théorie excellente. On augmente la TVA (de 5 points nous dit-on) tout en diminuant d’autant les charges sociales pesant sur les entreprises.

Un jeu à somme nulle, reposant sur l’hypothèse essentielle que les entreprises n’auront pas la tentation d’augmenter leurs marges. Un peu comme lorsque l’on est passé à l’euro…

C’est donc tout simplement une taxe déguisée sur les importations (que l’OMC ne nous autoriserait sans doute pas à mettre en place), puisque les produits élaborés par une main d’œuvre étrangère, subiront automatiquement une inflation égale à la hausse de la TVA envisagée.

Il s’agit donc effectivement, comme le dit François Fillon, d’une taxe anti-délocalisations. Une excellente idée, destinée à améliorer notre compétitivité, mais qui arrive sans doute un peu trop tard au regard du nombre de produits importés que nous consommons aujourd’hui, et du nombre d’emplois qui ont déjà été transférés en Europe de l’Est, au Maghreb, en Asie ou ailleurs.

On nous explique cependant que cela devrait fonctionner, puisque les allemands l’ont fait, avec un certain succès. Ce que l’on nous cache, c’est qu’ils sont passé de 16 à 19%, un taux encore inférieur à celui en vigueur en France (vive l’harmonisation européenne…), et que leur niveau de vie a toujours été supérieur au notre.

L’idée demeure toutefois séduisante. Pourquoi alors attendre 2009 pour tenter l’expérience, pourquoi attendre encore de nouvelles délocalisations ???

12 juin 2007

Record battu !

medium_070607_assemblée.jpg

39.57 %, c’est le taux d’abstention au premier tour des élections législatives qui se sont déroulées dimanche. Ainsi, nos parlementaires seront élus par seulement 30 à 35% de leurs électeurs !

Il y a un mois à peine, le Président de la République nous expliquait qu’il avait réconcilié les Français et la politique. Il faudra trouver une autre explication…

Et c’est certainement l’élection présidentielle qui nous livrera les meilleurs éclaircissements sur cette faible participation.

En effet, ce sont les candidats à la magistrature suprême qui ont mené une campagne législative, occultant totalement les thèmes présidentiels, et se plaçant ainsi virtuellement, tant que la Constitution ne sera pas modifiée (!!!???...), en chef de la future majorité.

Nos pauvres aspirants députés n’avaient donc plus qu’à rejouer le 22 avril, essayant parfois de se distinguer les uns des autres sur des thèmes locaux.

Même François Fillon n’avait rien à dire, passant plus de temps ces dernières semaines à critiquer plus ou moins ouvertement son prédécesseur et l’ancien Président qu’à s’opposer aux socialistes.

Le débat législatif a donc été tranché le 6 mai, et seuls les plus motivés sont allés voter le 10 juin, amplifiant souvent le score de Nicolas Sarkozy au premier tour.

«Sarko l’américain», comme il aimait à se définir jusqu’à l’automne 2006, a gagné… Ce qualificatif est plus que jamais d’actualité, et nous ne tarderons pas à mesurer les conséquences de cette victoire (plus de détails dans un prochain message).