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07 janvier 2010

Républicain, gaulliste, libre, indépendant, …

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Philippe Séguin est mort, un homme d'Etat disparait.

 

Authentique républicain, armé de convictions gaullistes profondément ancrées, Philippe Séguin s'est allié à Charles Pasqua pour tenter de freiner la dérive néolibérale amorcée par le RPR, présentant le 11 février 1990 aux assises nationales du mouvement une motion pour "un nouveau rassemblement", soutenue à l'époque par un certain Henri G. ...

 

L'engagement personnel de Jacques Chirac dans la bataille et le lien affectif qu'entretenait ce dernier avec les militants n'empêchera pas le texte de tout de même recueillir 31.4 % des suffrages, constituant ainsi un second avertissement pour le mouvement, Philippe Séguin ayant manqué d'une voix seulement l'élection à la présidence du groupe à l'Assemblée dès le 21 juin 1988.

 

Il faudra cependant attendre la dissolution de 1997 pour que militants et élus soient finalement convaincus qu'Epinal ne produit pas que des images, et que son maire avait peut-être tout simplement le tort d'avoir eu raison avant les autres. Philippe Séguin accèdera alors à la présidence du RPR, mais le jeu politicien reprenant rapidement ses droits, il démissionnera le 16 avril 1999, à la veille des élections européennes, ne pouvant accepter des alliances contre nature, et le résultat lui donnera une nouvelle fois raison. Dans le même état d'esprit, il démissionnera du conseil de Paris au lendemain de la création de l'UMP.

 

La vie tumultueuse de Philippe Séguin au sein du RPR est sans doute un peu réductrice pour évoquer un tel personnage, mais tellement fidèle au parcours d'un homme de convictions qui, pour n'avoir jamais cédé à la compromission, ni même au compromis, pour n'avoir jamais renoncé à sa liberté et à son indépendance d'esprit, n'a sans doute pas eu la carrière politique qu'il aurait méritée, et qui, jusqu'au dernier jour, aura servi l'Etat, la France, et les Français avant tout.

 

Chacun se souviendra bien entendu de son passage au ministère des affaires sociales de 1986 à 1988, de l'empreinte qu'il aura laissée à la présidence de l'Assemblée Nationale ou à la Cour des Comptes, et nombreux seront ceux qui regretteront de ne pas l'avoir croisé rue de Varennes (où il aurait eu tout naturellement sa place dès le printemps 1995...) ou place Vendôme.

 

RIP, Monsieur Séguin...

 

NB: à lire ou à relire, "C'est quoi, la poltique ?" (Philippe Séguin, éditions Albin Michel, 1999), les "Discours encore et toujours républicains" (Philippe Séguin, Denoël, 1994), en passant par l' "Itinéraire dans la France d'en bas, d'en haut et d'ailleurs" (Philippe Séguin, Seuil, 2003).

30 décembre 2009

"Je souhaite à chacune et à chacun d’entre vous une très bonne et heureuse année"


 

Dominique de Villepin