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25 septembre 2009

Lapsus ou diversion ?

Frédéric Lefebvre a encore frappé: « les coupables sont toujours parmi les prévenus, (…) dans un procès, il y a des victimes et il y a des coupables. C'est la justice qui déterminera (mais) les coupables sont toujours parmi les prévenus ».

Pas mal pour quelqu’un qui, parait-il, devrait devenir avocat dans les prochaines semaines…

090925 coupable.jpgCe sera pourtant au tribunal de décider s’il y a des victimes ou des coupables, il n’y a pour l’instant que des plaignants et des prévenus, et une relaxe générale est possible à l’issue de tout procès !

Comme la quasi-totalité de la classe politique, le président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet, plutôt expert en la matière pour avoir été relaxé à quatre reprises, n’a pas hésité à se démarquer très clairement des propos du président de la République, avocat lui aussi, mais surtout président du Conseil Supérieur de la Magistrature et, comme le précise l’article 64 de la Constitution, garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire

Tout ceci aura malheureusement permis de masquer les importantes révélations des auditions de mercredi dans le procès Clearstream, notamment celle d’Imad Lahoud.

Notes de frais à l’appui, le tribunal a pu constater que l’informaticien avait, à partir de fin février 2004, déjeuné ou diné au moins à 15 reprises avec François Pérol, proche conseiller de Nicolas Sarkozy.

Notons cet échange intéressant avec Maître Metzner:

- « Comme par hasard, c'est au moment précis où apparaît les noms de Sarkozy dans les fichiers. Est-ce une coïncidence ? », demande Olivier Metzner.

- Imad Lahoud: « Ce n'est pas François Pérol qui m'a soufflé le nom ».

- « Mais je n'ai pas dit cela », rassure Me Metzner.

A suivre...

23 septembre 2009

ONU, G20, et… cuisine

Le président de la République Française est aujourd’hui à New-York pour l’assemblée générale des Nations Unies. Il sera demain au sommet du G20.

Il doit s’exprimer ce soir sur les deux premières chaines de télévision, ce qui ne semble pas incongru au regard de l’importance de ces deux rendez-vous. Il se murmure cependant qu’une fois de plus il pourrait mélanger les genres, et évoquer les affaires intérieures hexagonales depuis l’étranger, au risque d’éclipser médiatiquement les véritables enjeux internationaux ! Espérons qu’il en sera autrement…

Lundi, avant l’ouverture du procès Clearstream, Dominique de Villepin parlait de la République, de paix dans le monde, du peuple français et de justice – un bien précieux, mais aussi un bien fragile:

 

 

Le talentueux Frédéric Lefebvre devait sans doute être trop occupé, et c’est Pierre Charon, conseiller de Nicolas Sarkozy qui a eu la (trop ?) lourde tâche de porter la réplique. Visiblement peu inspiré, il n’a trouvé d’autre référence que le Club Méditerranée et les Chippendales…

 

 

Jean-Pierre Grand, député de l’Hérault, a réagi sur le site du magazine Le Point:

 

 

Que vous inspire la riposte de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy suite à la déclaration de Dominique de Villepin sur "l'acharnement" dont il est la victime ?Cela fait froid dans le dos et manque de dignité. Aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, aucun député, ni même les plus sarkozystes, n'a apprécié la déclaration de Pierre Charon, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, qui demande à Dominique de Villepin de ne pas "confondre le Club Méditerranée dont il est un adepte avec la 11e chambre correctionnelle". Elle a vraiment été unanimement condamnée dans nos rangs. En disant ce genre de chose, la partie civile se discrédite et montre sa fébrilité.


Dans quel état d'esprit Dominique de Villepin aborde ce procès ? Je l'ai vu il y a une semaine, il était très calme. Il aborde ce procès avec courage et dignité. Voyez sa déclaration : il parle de la France, de la justice, de la démocratie, de la République. En replaçant les choses dans leur contexte, il conserve sa stature d'homme d'État. C'est le même homme que celui qui a défendu la position du pays contre la guerre en Irak à l'ONU.

 

N'en a-t-il pas fait trop en étant omniprésent dans les médias à l'approche d'un procès qui promettait d'être déjà très médiatisé ? Mais il n'avait pas le choix ! C'est le procureur de la République Jean-Claude Marin qui a donné le la de ce procès il y a un mois en livrant son intime conviction sur Europe 1 ... C'est inédit. ("Pour moi, il est totalement établi que les listings de la banque Clearstream sont des listings qui ont été falsifiés pour nuire", avait dit Jean-Claude Marin le 28 août, précisant que Dominique de Villepin était "l'un des bénéficiaires collatéraux, mais parfaitement conscient", ndlr). Ce n'est pas Dominique de Villepin qui a commencé ! C'est donc un procès politique, les jeux sont faits.

 

Aucun élément ne peut faire basculer ce procès à l'avantage de Villepin ? Vous savez, un procès politique, ce n'est pas fait pour innocenter la personne poursuivie par le pouvoir ! En tout cas, chez ses amis députés, nous pensons tous que Dominique de Villepin sera condamné. Mais, sincèrement, je ne vois pas ce que l'on peut lui reprocher. Et là, je parle comme la personne qui prend le métro à 18 heures et qui lit son journal. Elle voit que Nicolas Sarkozy est partie civile, que le procureur livre sa vision des faits un mois avant le début du procès... Tout le monde sait que les dés sont pipés.

 

Dominique de Villepin dit qu'il sortira de ce procès blanchi... Je sais. C'est parce qu'il croit à son pays. Il veut se battre et nous le soutenons de toutes nos forces et de toute notre amitié. Mais face à une machine d'État si bien huilée, c'est difficile de s'en sortir. Nous, les amis de Dominique de Villepin, nous ne voulons pas entrer dans ce procès, mais nous pensons que ce qui se déroule sous nos yeux est détestable. Ce n'est même pas l'affaire Villepin, c'est l'affaire de la République.