Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

15 septembre 2008

Laïcité, POINT BARRE !

e50834a0a738354989e18cfe3c911403.jpgFrançois Baroin l’a rappelé dans le JDD dimanche, « la laïcité n’est ni positive, ni négative, c'est une valeur absolue et c'est une règle de vie en commun ».

 

Enfin un peu de mesure après un week-end de tous les excès… Jamais visite papale n’aura suscité autant de commentaires et de controverses.

 

Il faut reconnaître que tous les ingrédients étaient réunis pour attiser la polémique: une visite qui devait initialement se limiter à Lourdes à laquelle on a rajouté une étape parisienne, et la mémoire du discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran par le Président de la République en décembre 2007.

 

Alors on aura vu François Bayrou en opposant systématique refuser de se rendre à l’Elysée où était reçu le Chef de l’Etat du Vatican, et la gauche, celle qui demandait il y a quelques semaines à Nicolas Sarkozy de recevoir le Dalaï-Lama, lui reprocher sa rencontre avec Benoit XVI.

 

Quant au Président, s’il a quelque peu infléchi son discours, il nous a resservi son concept flou de « laïcité positive », aux contours et aux limites mal définis.

 

« Son rôle serait pourtant de ne pas nous inquiéter », déclare François Baroin au Journal du Dimanche, avant de conclure: « Et s'il a raison de rappeler nos racines chrétiennes, il est indispensable de préciser que le tronc est devenu laïque et que chacune des branches doit pourvoir s'épanouir comme elle le souhaite dans le cadre d'un Etat de droit ».

 

29 août 2008

NON, il n’a pas changé !

Dominique de Villepin était l’invité du Grand Jury RTL dimanche, avant d’intervenir sur I-Télé, France 2 et Europe 1. Il accordera une interview le 31 au Parisien, avant de s’exprimer sur France Inter mardi prochain à 13h30.

 

Il ne fait donc aucun doute que sa parole, son expérience et son analyse, comptent plus que jamais, et qu’il n’est pas, comme il l’a confirmé, un « retraité du débat public ».

 

C’est l’émission radiophonique du 24 aout dernier qui a, pour l’instant, provoqué le plus de commentaires, nombre de journalistes ayant décelé un voyage en « Sarkozie » de l’ancien Premier Ministre, alors qu’il est indéniable que c’est au contraire le Président de la République qui a fait quelques pas, certes encore extrêmement timides, en « Villepinie ».

 

Et si le ton de Dominique de Villepin n’est pas tout à fait le même qu’il y a un an, il n’a en rien cédé sur ses convictions. Retour sur une heure d’antenne…

 

La première partie était consacrée à la politique intérieure. Face à une crise conjoncturelle (que l’on peut espérer passagère) et structurelle (la mondialisation), il a appelé les Français (y-compris le premier d’entre eux) au rassemblement et à la réconciliation, et invité l’Etat à se concentrer sur ses pouvoirs régaliens (retraite, santé, éducation) plutôt que de multiplier les réformes, parfois secondaires.

 

Afin d’illustrer son propos, il est revenus sur le CPE (victime avant tout de divisions internes à la majorité), la réforme constitutionnelle (sur laquelle il avait une opposition de principe) ou le paquet fiscal (qui a réduit les marges de manœuvre du gouvernement et n’était pas le meilleur des symboles à adresser au lendemain de l’élection).

 

Il a, comme il le dit depuis plus d’un an maintenant, appelé le gouvernement à aller plus loin (évoquant notamment la possibilité de modifier l’assiette des cotisations sociales ou un recul de l’âge de la retraite), souhaitant entre autre que la réforme des universités initiée par Valérie Pécresse, si excellente soit-elle, n’attende pas dix ans avant de produire ses premiers effets.

 

La seconde partie de cette heure d’antenne était consacrée à la politique étrangère, et plus particulièrement aux dossiers afghans et géorgiens.

 

Dominique de Villepin a globalement déploré qu’en matière de politique internationale une logique de l’OTAN, tentant de se substituer à celle de l’ONU, soit à rebours de l’histoire, et rappelé, comme il l’a déjà répété à de nombreuses reprises (notamment sur l’Irak), que tout engagement extérieur devait intégrer, faute d’enlisement, un calendrier de retrait. Sur les élections américaines, et même si l’élection du candidat démocrate serait sans doute une bonne chose, il a refusé de céder à l’ « Obabamania » ambiante. Enfin, sur la Chine (et les J.O.), il aurait préféré que l’on dise les choses clairement, et que l’on s’y tienne…

 

En résumé, Dominique de Villepin demeure fidèle à ses convictions, et ceux qui n’en seraient pas convaincus pourront réécouter l’émission:

 

podcast 
podcast 
podcast 
podcast 
podcast 
podcast

 

De même, ils pourront visionner les 4 Vérités du 27 aout qui sont une merveilleuse leçon de politique étrangère:

 


Pour conclure, et s’il ne fallait retenir qu’une idée de l’intervention de Dominique de Villepin, ce serait le constat que nous passons d’une période de 500 ans de domination occidentale à une situation de dépendance. Que pour cette raison, nous devons comprendre et décrypter le Monde, sortir de nos frontières pour mieux définir des politiques en France, tout en défendant nos principes, nos convictions, et un modèle auquel nous sommes tous profondément attachés.