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03 juillet 2008

"Merci la France"

26 juin 2008

16.09 %, ou 135 €

Jean-François Copé a remis hier son rapport « pour une nouvelle télévision publique » au Président de la République.

 

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Ce travail était-il vraiment nécessaire ?

 

Le Chef de l’Etat n’a en effet même pas eu la décence d’attendre ne serait-ce que 24 heures pour annoncer des décisions très éloignées de celles préconisées par la commission. Et dès ce matin, c’est Henri Guaino qui était sur les ondes pour défendre les choix de Nicolas Sarkozy !!!

 

Le débat s’est aussitôt focalisé sur l’éventuelle nomination du président de France Télévisions par le pouvoir exécutif. Pourtant, compte tenu du mode de désignation des membres du CSA, cela ne serait effectivement pas un bouleversement extraordinaire. Mais il est amusant que la décision vienne de celui qui, durant toute sa campagne présidentielle, a toujours affirmé que la désignation des responsables des entreprises publiques devait échapper au seul « fait du prince », et s’opérer de façon plus démocratique…

 

L’idée de supprimer la publicité sur les chaines de télévision publiques afin de dissocier leur ligne éditoriale de toute contrainte commerciale est plutôt bonne, encore eut-il fallu que la décision ait été réfléchie et préparée. Ce n’était visiblement pas le cas, et il a donc été nécessaire de trouver dans l’urgence des ressources de substitution.

 

Pour des raisons purement démagogiques, il a été exclu d’augmenter la redevance audiovisuelle. Pourtant, nos dirigeants, souvent à court d’idées, justifient aujourd’hui fréquemment leurs décisions par le fait que « cela se fait partout ailleurs ». Faut-il alors leur rappeler qu’en Angleterre ou en Allemagne par exemple, la redevance dépasse les 200 €, alors qu’elle est de 116 €  en France ?

 

Il a donc été décidé, entre autre, de prélever une taxe de 0.9% sur le chiffre d’affaires des opérateurs internet et de téléphonie mobile, ceci devant rapporter 370 millions d’euros, soit 16.09% des 2.3 milliards générés par la redevance (rapport de la cour des comptes sur les recettes de 2006).

 

Il est évident que dans un marché de nature oligopolistique comme celui de la téléphonie (rappelons-nous de la récente condamnation des principaux opérateurs pour entente illicite), et dans celui des FAI (qui le devient de plus en plus à force de rachats), cette taxe sera supportée à 100% par le consommateur final.

 

En conséquence, tout se déroulera comme si l’Etat avait augmenté la redevance audiovisuelle de 16.09%, passant de 116 à 135 €…

 

En conséquence, le contribuable risque de payer pour un service public à qui l’on ne donnera au final pas les moyens de ses ambitions, encore moins de celles que l’on feint d’avoir pour lui.

 

En conséquence, après avoir communiqué sur la stratégie du « gagnant-gagnant » depuis des mois, on prendrait le risque de mettre en place un système « perdant-perdant »…

 

« Payer plus pour regarder moins » ?