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23 juin 2008

Ce que révèle le « NON » irlandais

Il est assez intéressant d’entendre tout le monde comparer aujourd’hui le refus des irlandais de ratifier le traité de Lisbonne aux « NON(S) » français et néerlandais de 2005, alors que l’on nous a répété pendant des mois que le traité dit « simplifié » n’avait rien à voir avec le TCE de Giscard !!!

 

Au-delà de la polémique, ce referendum confirme, une fois de plus, ce que certains dénonçaient déjà en 1992 au moment du referendum sur Maastricht (adopté de justesse par 51.04% des suffrages exprimés, 49.3% des votants seulement…, malgré une participation honorable de 69.69% !), à savoir que nous poursuivons, depuis plus de 15 ans, la construction de l’Europe à l’envers, en accordant notamment à chaque occasion un pouvoir supplémentaire à des fonctionnaires, des lobbies et des gens nommés (qui sont par ailleurs souvent des recalés du suffrage universel).

 

Le traité de Rome a instauré, en 1957, la Communauté Economique Européenne (CEE). Un peu plus de dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, il était difficile de faire plus, alors que toutes les plaies des conflits successifs n’étaient pas encore cicatrisées.

 

98ed27db04e815ee9021c558990b92e5.jpgDès 1958, la relation de Gaulle / Adenauer a incontestablement été un premier pas vers une possible construction d’une communauté politique européenne.

 

fbb95d3212a7e3b56663969605bfdcc6.jpgLe 22 septembre 1984, Mitterrand et Kohl, main dans la main à Verdun, auraient pu saisir l’opportunité de cette image historique pour élaborer une véritable constitution européenne. Nous n’étions alors que douze, les choses auraient sans doute été nettement plus simples.

 

Ils ont préféré le traité de Maastricht, dont le but essentiel a été de poursuivre une construction économique, et surtout monétaire avec la création de l’euro et d’une Banque Centrale Européenne indépendante pour principal objectif.

 

Le traité de Lisbonne, comme ses prédécesseurs, ne donne toujours pas de pouvoir véritable au parlement européen, pas plus qu’il ne limite ceux de la commission. Même nos parlementaires nationaux, pourtant si prompts, comme le gouvernement, à nous expliquer que tous les maux viennent de Bruxelles, ne s’y trompent pas: mercredi dernier, en lieu et place des questions au gouvernement se tenait un débat sur l’Europe, devant un hémicycle quasi-désert… Bel aveu d’impuissance face à ce « machin » qui nous glisse entre les doigts, échappe aux politiques, à la démocratie tout simplement. Le Meilleur des Mondes (Aldous Huxley – 1931) ne sera peut-être plus un roman de science-fiction pour très longtemps…

 

On peut toujours sauter sur sa chaise comme un cabri en disant « Lisbonne, Lisbonne, Lisbonne », encore faudrait-il que cela aboutisse à quelque chose et signifie quelque chose:

 


18 juin 2008

22 juin 1940

L’appel du Général de Gaulle lancé depuis Londres le 18 juin 1940 est souvent confondu avec l’affiche placardée sur les murs de la capitale britannique en juillet-aout. Après avoir publié l’an dernier le texte de l’appel que nous célébrons aujourd’hui, retrouvons cette année le message adressé aux territoires français d’outre-mer le 22 juin 1940, moins connu, mais tout aussi fondateur de la démarche du Général qui conduira à la libération.

 

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« Le gouvernement français, après avoir demandé l'armistice, connaît maintenant les conditions dictées par l'ennemi.

 

Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l'air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait occupé et que le Gouvernement français tomberait sous la dépendance de l'Allemagne et de l'Italie.

 

On peut donc dire que cet armistice serait, non seulement une capitulation, mais encore un asservissement.

 

Or, beaucoup de Français n'acceptent pas la capitulation ni la servitude, pour des raisons qui s'appellent l'honneur, le bons sens, l'intérêt supérieur de la Patrie.

 

Je dis l'honneur ! Car la France s'est engagée à ne déposer les armes que d'accord avec les Alliés. Tant que ses Alliés continuent la guerre, son gouvernement n'a pas le droit de se rendre à l'ennemi. Le Gouvernement polonais, le Gouvernement norvégien, le Gouvernement belge, le Gouvernement hollandais, le Gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.

 

Je dis le bon sens ! Car il est absurde de considérer la lutte comme perdue. Oui, nous avons subi une grande défaite. Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l'esprit d'abandon du Gouvernement pendant ces derniers combats, nous ont fait perdre la bataille de France. Mais il nous reste un vaste Empire, une flotte intacte, beaucoup d'or. Il nous reste des alliés, dont les ressources sont immenses et qui dominent les mers. Il nous reste les gigantesques possibilités de l'industrie américaine. Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par 5 000 avions et 6 000 chars peuvent donner, demain, la victoire par 20 000 chars et 20 000 avions.

 

Je dis l'intérêt supérieur de la Patrie ! Car cette guerre n'est pas une guerre franco-allemande qu'une bataille puisse décider. Cette guerre est une guerre mondiale. Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres aujourd'hui le resteront demain, ni si les alliés de l'Allemagne resteront toujours ses alliés. Si les forces de la liberté triomphaient finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d'une France qui se serait soumise à l'ennemi ?

 

L'honneur, le bon sens, l'intérêt de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront.

 

Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible. Tout ce qui peut être réuni, en fait d'éléments militaires français et de capacités françaises de production d'armement, doit être organisé partout où il y en a.

 

Moi, Général de Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale.

 

J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air, j'invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir a moi.

 

J'invite les chefs et les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi.

 

J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre.

 

Vive la France libre dans l'honneur et dans l'indépendance ! »