Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

08 octobre 2008

Le fait du prince

Le Parquet a requis aujourd’hui le renvoi de Dominique de Villepin devant le tribunal correctionnel dans l’affaire Clearstream.

 

080827 DDV.jpgCe même Parquet avait estimé au printemps que les charges n’apparaissaient pas suffisantes, et avait demandé un supplément d’information (cf. une note précédente du 4 juin dernier).

 

Les juges d’Huy et Pons ont donc poursuivi leurs investigations, expédiant toutefois les choses en un mois durant lequel ils ont une nouvelle fois entendu l’ancien Premier Ministre moins d’une heure, passant ainsi d’un extrême à l’autre, l’une des auditions antérieures ayant duré 17 heures. Au total, ils auront donc entendu Dominique de Villepin pendant 54 heures... et 30 minutes !...

 

Quels faits nouveaux auraient bien pu apparaître depuis le printemps dernier ? AUCUN à l’évidence, ou presque.

 

Il est de notoriété publique que Dominique de Villepin a rencontré à plusieurs reprises, ces derniers temps, le Président de la République, et chacun a pu constater que, même s’il n’a rien lâché sur le fond, il a modéré dans la forme sa critique de la politique conduite depuis mai 2007. Ces derniers jours, « le Palais » s’est employé à colporter la rumeur selon laquelle Dominique de Villepin pourrait rejoindre le gouvernement.

 

Il n’y a donc aucun doute, si l’ancien Premier Ministre doit être renvoyé devant le tribunal, ce sera pour avoir « refusé d’entrer au gouvernement et/ou refusé d’être associé à l’échec d’une politique qu’il dénonce depuis le premier jour ».

 

Ce sera, plus largement, parce que sa parole compte, et parce qu’il est craint par ceux pour qui seule compte la conquête du pouvoir, même s’ils ne savent par ailleurs pas toujours très bien quoi en faire une fois qu’ils l’ont.

 

La justice peut encore prouver son indépendance, en prononçant un non-lieu. Nous le saurons rapidement.

 

03 octobre 2008

On le tient !

On aurait pu l’imaginer futur prix Nobel d’économie, il devra peut être se contenter de celui de l’humour politique.

 

660465d696ec8f70e8d2eab4bd802d85.jpgJérôme Chartier, a officialisé ce matin le concept de « croissance négative »…

 

Au-delà du fait que la croissance désigne une élévation des indicateurs économiques et que l’assemblage est donc assez hasardeux, la logique appliquée jusqu’à présent à la discrimination ou à la laïcité aurait voulu qu’il parle plutôt de « récession positive », ce qui aurait finalement plutôt convenu, puisqu’il y a clairement récession, même si elle n’est peut-être que passagère, et dans tous les cas pas encore dramatique.

 

Et si la politique conduite depuis un an nous a privés de marges de manœuvres, la situation n’est pas franco-française, et doit être abordée avec sérénité et vérité.

 

Ces jeux sur les mots, idiots et malsains, donnent aux Français le sentiment qu’on leur cache quelque chose, avec le risque d’entrainer des conséquences négatives sur le moral et la consommation (alors que l’on devrait rechercher l’effet inverse) d’une peut-être plus grande ampleur que si on leur expliquait sincèrement la situation.

 

Le Président de la République avait promis, durant sa campagne, de dire toute la vérité. C ’est le moment !