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02 octobre 2008

Prime à l’échec ?

Si le Président de la République a, contrairement à ses habitudes, tardé à réagir à la crise financière, le gouvernement multiplie depuis quelques jours les interventions, à coups de milliards d’euros (déjà 3 pour Dexia, dont un sera semble-t-il financé directement par l’Etat, et auquel il faudra ajouter, entre autres, le coût des 30000 logements qu’il envisage de racheter – 5 milliards parait-il…).

 

Pendant ce temps, les députés sont en train de débattre du projet de loi sur le RSA, se demandant notamment comment faire pour trouver 1.5 milliard. Les futurs bénéficiaires et les taxés « modestes » apprécieront…

 

Au-delà de la polémique, tout le monde semble aujourd’hui surpris par la crise, alors que les signes les plus significatifs sont pourtant anciens.

 

3ce29aedada2e7aea290233e0700574a.jpgEn juillet 2007, le CAC40 décrochait d’environ 11%, au moment de l’affaire des subprimes. Nous étions en pleine période bling-bling, le Président de la République passait de façon ostentatoire ses vacances chez et avec de riches amis aux Etats-Unis, déjeunait avec Georges Bush, et les banques françaises juraient qu’elles n’étaient en rien impliquées dans les crédits hypothécaires à risque d’outre Atlantique.

 

En janvier 2008, alors que tout le monde ne s’intéressait qu’à la nouvelle romance du Chef de l’Etat et qu’il était nettement plus tendance de parier sur la date du mariage que sur le niveau du CAC40, ce dernier perdait à nouveau 17%.

 

Personne n’ayant visiblement rien compris, la bourse s’est à nouveau manifestée à la fin du printemps, perdant entre le 15 mai et le 15 juillet cette fois 21% !...

 

Et comme le marché avait finalement plutôt bien anticipé les choses, le CAC n’a chuté en septembre « que » de 11%, même si nos banquiers hexagonaux ont finalement avoué qu’à travers diverses participations, ils étaient indirectement impliqués dans les subprimes (avec une mention particulière et les félicitations du jury au Crédit Agricole, à la Caisse d’Epargne et à la Banque Populaire ).

 

Au total, c’est une baisse de près de 35% en un peu plus d’un an, et même s’il n’est pas nécessaire de pleurer sur le sort des spéculateurs qui ont pris et assumé leurs risques, ce sont autant de ressources qui font aujourd’hui défaut aux entreprises et à l’économie.

 

Dans l’immobilier, puisque c’est aussi semble-t-il un sujet dont on se préoccupe Faubourg St Honoré, les signes avant-coureurs datent de 2004. C’est l’année où l’on a constaté pour la première fois depuis longtemps une forte hausse des refus de dossiers de financement. Parallèlement, la progression vertigineuse et démesurée des prix au m² depuis plusieurs années et le fort ralentissement du nombre de transactions auraient du alerter les pouvoirs publics depuis bien longtemps.

 

En réponse à cette crise que l’on aurait du prévoir, que l’on n’a pas anticipée, et que l’on ne comprend visiblement pas totalement, on adopte des solutions d’urgence, en recapitalisant des banques dont les dirigeants seront remerciés pour la forme, avec quelques millions d’euros d’indemnités (et qui seront remplacés par des clones), et on rachète aux promoteurs adeptes du toujours plus (de bénéfices) des projets immobiliers qu’ils ne parviennent pas à vendre  alors que plus de deux millions de logements sont vacants sur notre territoire.

 

A quand le rachat des hypermarchés qui, après avoir asphyxié leurs fournisseurs, saignent maintenant leurs clients au risque de voir eux aussi finalement fondre leurs bénéfices ? Et ceci alors que la plus efficace des mesures préconisées par le rapport Attali (la reconnaissance des actions de groupe dans le droit français qui permettrait, entre-autre, de lutter contre les ententes illicites et de contenir l’inflation) a été oubliée dans la loi LME , lui préférant l’aide au développement du hard discount qui ne fera que renforcer un quasi-oligopole des entreprises de la grande distribution qui sont majoritairement propriétaires de ces enseignes.

 

A suivre, après ce sinistre constat, un prochain post proposant quelques pistes de réflexion « altermondialistes », bien entendu au sens que lui confère Alain Juppé dans ses « lettres d’un voyageur » (auxquelles il a fait référence sur son blog récemment), et de la démarche de Dominique de Villepin qui nous appelle sans cesse à sortir de nos frontières, à s’ouvrir à la pensée et à la vision de « l’autre », et à ne pas rechercher à tout prix des solutions occidentales inefficaces à des problèmes planétaires.

 

29 septembre 2008

Lunatique ou tricheur ?

Mercredi aura lieu l’élection à la présidence du Sénat.

 

A l’issue d’une primaire, que personne jusqu’ici n’avait contestée et à l’occasion de laquelle avait voté l’ensemble des 152 membres du groupe UMP, Gérard LARCHER a été désigné pour représenter le parti majoritaire lors du scrutin.

 

Pourtant, ce week-end, Alain LAMBERT, UMP lui-aussi, s’est porté candidat.

 

Certes, les principaux motifs avancés peuvent être légitimes et recevables: indépendance de la Haute Assemblée vis-à-vis du Président de la République et du gouvernement, refus de l’esprit de cour, refus que le titulaire du «Plateau» soit imposé aux 343 sénateurs par une minorité.

 

Mais peut-on réellement faire confiance à quelqu’un qui, encore le 18 juillet dernier, répétait à qui voulait bien l’entendre que la réforme constitutionnelle était inacceptable, avant de la voter le 21 juillet ?

 

Et que penser du même individu qui participe à des primaires organisées par son mouvement politique le mercredi pour en dénoncer le principe trois jours plus tard ?

 

Tout esprit malveillant et anormalement constitué pourrait imaginer un scénario totalement rocambolesque et inimaginable, dont l’histoire débuterait le 19 ou 20 juillet 2008, peut-être même dès mai 2002.

 

Un ancien directeur général de Bernard Krief Communication ayant fait ses classes dans le marketing chez Jacques Vabre, et qui a, entre deux expériences professionnelles, été conseiller de Lionel Stoleru (dont on connaît la solidité des convictions), rêve, sans doute depuis sa première élection en 1995, d’accéder au « plateau ».

 

Ayant à cet effet encaissé depuis 2002 les pires humiliations de la part de celui qui n’était alors que son ministre, il était persuadé que la présidence du Sénat lui serait servie sur un plateau…

 

C’est sans doute pour cela qu’il a vraisemblablement appelé un certain week-end de juillet son ami Alain, lui promettant une place confortable au Palais du Luxembourg s’il votait le projet de révision constitutionnelle.

 

Mais malgré tous les efforts déployés pour afficher sa proximité avec le Président de la République (jusqu’à se contenter du poste de G.O. des conseils nationaux de l’UMP), ses collègues l’on éliminé de la course dès le premier tour le 24 septembre dernier, lui préférant par ailleurs un candidat qui envisage de confier une présidence de commission à l’opposition.

 

Alain LAMBERT risquait donc de tout perdre: son poste aux côté de celui qui aurait pu être président, et la présidence de sa commission. Il ne pouvait donc qu’être candidat lui-aussi au « plateau ». Qu’importe le ridicule, chacun sait qu’il ne tue pas…

 

Tout ceci n’est cependant que pure fiction, et tout fait ou personnage ressemblant à des situations existantes ou ayant existées serait fortuite.

 

Notons cependant que ni le postulant ayant obtenu 56 voix, ni l’UMP, n’ont fait le moindre commentaire sur la candidature « sauvage » d’Alain LAMBERT.

 

Que par conséquent Gérard LARCHER apparaît plus que jamais comme le candidat des sénateurs, indépendant et, même s’il n’aura été désigné que par une minorité, respectueux de tous.