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06 février 2008

Attalisme 268

La décision 268 du rapport Attali, qui suggère de soumettre à condition de revenu les allocations familiales, déchaine les passions.

 

3f0a311bfd3561dee425a8059cbde89f.jpgCette prestation, créée en 1932 après quelques expérimentations privées au début du 20ème siècle, a pour but de favoriser la natalité, ou plus exactement à faire que la décision d’avoir un enfant ne soit pas freinée par une éventuelle contrainte financière.

 

La mesure a été imaginée il y a presqu’un siècle, dans un contexte bien différent de celui que nous vivons actuellement. Si des lois d’inspiration philosophique supportent à merveille (telle la loi de 1905 sur la laïcité) l’épreuve du temps, d’autres, basées sur un contexte économique donné, mais en perpétuelle évolution, doivent en permanence subir l’épreuve de la critique, critique qui se doit d’être constructive, et ne peut par conséquent se passer de propositions alternatives.

 

c5248c7f438cf91b871b36cbcf29ed45.jpgQui oserait aujourd’hui prétendre qu’à partir d’un certain niveau de richesse (qu’il convient bien entendu de définir, et peut-être avec l’aide de l’excellente étude réalisée par Philippe Villemus), le critère financier intervienne dans la décision d’agrandir la famille ?

 

Qui oserait prétendre aujourd’hui que l’attribution sous condition des allocations familiales aurait une quelconque influence sur la natalité en France ?

 

A l’inverse, une plus grande justice sociale et un encouragement sincère en faveur de la natalité passerait sans doute par l’attribution, toujours sous condition de ressources, des allocations familiales dès le premier enfant !

 

Par ailleurs, chez les ménages les plus aisés, les prestations familiales sont dirigées, de façon quasi-systématique, vers l’épargne, et ne contribuent en aucun cas à la relance et au développement du pouvoir d’achat voulus par le Président de la République.

 

Plus généralement, le «rapport Attali» doit être abordé avec un peu plus de sérénité. Le passé politique de l’auteur ne peut en aucun cas justifier que l’UMP le rejette en totalité, ni que le PS, totalement inaudible, ne trouve autre chose à dire que ce document «a le mérite d’exister».

 

A défaut d’élever le débat, tentons au moins de le dépassionner…

15 novembre 2007

Une décision éminemment politique

Le Conseil Constitutionnel a rendu ce jour son verdict sur la loi sur l’immigration de Brice Hortefeux.

Sur le problème des statistiques ethniques, bien qu’elles soient tout aussi condamnables, si ce n’est plus que les tests ADN, les choses sont très claires: rejet ! La décision n’était pas trop difficile à prendre: le sujet n’ayant pas fait l’objet de polémique, il suffisait de se référer à l’article 1er de notre Constitution, assurant « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Concernant les tests ADN, un autre choix que le « oui mais » aurait aussitôt été assimilé à un complot du duo Chirac-Debré contre le Président de la République.

Quoiqu’il en soit, la décision des 11 « sages » rend définitivement quasi-inapplicable l’article13 de la loi prévoyant le recours aux tests génétiques, et c’est l’essentiel.

On ne peut que regretter que Nicolas Sarkozy ne soit pas intervenu dans le débat, qu’il n’ait pas demandé le retrait de cette disposition qui, dès sa présentation, a provoqué de vives polémiques transcendant les « clivages habituels » gauche-droite.

Il aurait été dans son rôle…