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06 novembre 2011

Sorka le Grec ?

A peine le troisième plan de sauvetage de la Grèce bouclé – et dans quelles conditions…, le président de la République s’apprête, par la voix de son servile premier ministre - qui ose par ailleurs prétendre reconquérir Paris en se présentant aux prochaines législatives dans une circonscription acquise d’avance, à dévoiler un deuxième plan de sauvetage de la France.

111106 Zorba-le-grec2.jpgTout comme le 3ème plan d’ "aide" à la Grèce ne résoudra probablement rien, il y a fort à parier que le second plan d’austérité (en quelques semaines seulement…) que l’on va imposer aux Français demain ne sera pas le dernier.

Il faudra bien entendu attendre pour réagir plus sérieusement que celui-ci soit dévoilé dans son intégralité, mais les grandes lignes semblent déjà tracées.

On nous parle tout d’abord d’une hausse de la TVA sur la restauration, l’hôtellerie, les travaux de rénovation dans le bâtiment et sur les services à la personne. En résumé, on s’apprête à taxer les rares emplois qui demeurent non délocalisables dans notre pays, dans des secteurs par ailleurs facilement en proie au travail dissimulé.

La seule hausse efficace en matière de TVA ne pourrait bien évidemment se faire que sur le taux le plus élevé de 19.6%, qui frappe majoritairement la valeur ajoutée sur des produits d’importation. Mais elle ne pourrait bien entendu être acceptable que sous la forme d’une TVA dite sociale (c'est-à-dire accompagnée d’une baisse des charges pesant sur le travail, permettant de limiter les risques inflationnistes et de redonner du pouvoir d’achat aux salariés), que défendait déjà en 2007 Jean-Louis Borloo, que Dominique de Villepin a proposée et baptisée le 14 avril dernier 3E, que même Alain Juppé a défendu ce matin sur Europe 1 sous la forme d’une TVA emploi, reprenant ainsi les termes de celui qui fût son directeur de cabinet au quai d’Orsay en 93-95, allant jusqu’à la surenchère du 4E...

Sur ce sujet, il est d’ailleurs assez cocasse que notre Ἀπόλλων (Apollon, c’est Barack qui l’a dit jeudi à Cannes ! C’est de l’humour grec, désolé…) entende revenir sur le taux de TVA sur la restauration à 5.5%, accordé il y a tout juste deux ans à grands renforts de com’, se vantant d’avoir fait ce que d‘autres promettaient depuis des années, et qu’il défendait encore bec et ongle à Agde à la fin de l’été.

Les hôteliers apprécieront sans doute aussi, à peine entrée en vigueur le 1er novembre la taxe sur les chambres louées, de devoir assumer un impôt supplémentaire.

Et les contradictions ne s’arrêtent pas là. Il se pourrait que l’on adopte une taxe additionnelle ("exceptionelle" bien entendu) sur l’impôt sur la fortune, alors que l’on vient à peine d’adopter une réforme de ce dernier qui devait dès 2012 plomber le budget de l’Etat à hauteur de près de deux milliards d’euros...

Il y aura certainement à dire aussi sur une possible hausse de l’impôt sur les sociétés alors qu’il conviendrait sans doute de taxer différemment les bénéfices distribués de ceux réinvestis sur le territoire national. Sur la "niche Copé" aussi, qui permet à de grands groupes d’échapper ou de minorer considérablement leur IS.

Il y aurait aussi beaucoup à dire de la défiscalisation des heures supplémentaires instaurée par la loi TEPA de 2007, mais simple effet d’aubaine selon un rapport parlementaire élaboré par des députés de tous horizons, qui coûte à l’Etat 4.5 milliards d’euros par an.

Fort heureusement, nous devrions échapper à une nouvelle "journée de solidarité", façon lundi de Pentecôte ! Mais il est vrai que pour absorber les 500 milliards de dette supplémentaires engagés depuis 2007, il faudrait que chaque Français travaille près d’un an et demi sans solde…

20 septembre 2011

Il sera donc candidat

villepin3-2.jpg

Dominique de Villepin a réuni lundi soir pour la première et dernière fois le bureau politique de République Solidaire, mouvement créé le 19 juin 2010, qu’il présidait depuis l’origine.

Ce 19 septembre marque aussi sa relaxe définitive dans l’affaire Clearstream, le parquet ayant décidé de ne pas se pourvoir en cassation.

Ainsi, comme le souhaitait le député Daniel Garrigue dans un communiqué publié mercredi dernier, Dominique de Villepin retrouve aujourd’hui « toute sa liberté de parole et d'expression ».

Il la retrouve d’autant plus qu’il a quitté la présidence de République Solidaire pour « se consacrer pleinement à la définition d’une politique de rassemblement national pour faire face aux défis inédits qu’affronte la France ».

Après une rentrée confuse, entre rumeurs d’alliance avec François Bayrou (qui n’a toujours pas compris que son score de 2007 n’est qu’un savant mélange d’anti-sarkozysme et de tout sauf Royal et que ses gesticulations politiciennes entre gauche et droite lui confèrent aujourd’hui un potentiel électoral bien inférieur à son résultat de 2002) et volonté de créer une dream-team dont se dégagerait un leader, Dominique de Villepin retrouve enfin ses accents gaullistes.

Oui, sous la Vème République, l’élection présidentielle est la rencontre entre une femme ou un homme et le peuple. Et l’article IV de notre constitution est limpide, « Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage », ils n’en détiennent en aucun cas le monopole !

C’est pourtant ce monopole qui a tenté de s’imposer aussi chez République Solidaire lorsque Dominique de Villepin a présenté son projet au printemps. Certes le quinquennat a instauré la confusion entre les mandats présidentiels et législatifs, lesquels sont pourtant, en vertu notamment de la séparation des pouvoirs, bien distincts.

Au candidat à l’élection présidentielle de présenter un projet, aux partis politiques et aux parlementaires décidant de le soutenir de le traduire et/ou de l’amender dans le cadre du mandat législatif. Il s’agit bien de deux élections différentes, et le rétablissement de durées de mandats distinctes permettrait sans aucun doute de clarifier les choses.

Mais si Dominique de Villepin se libère de ses attaches partisanes, il sait bien que ses soutiens de la première heure demeurent adhérents, sympathisants, parfois même grognards de République Solidaire, un mouvement créé, toutes proportions gardées, un peu dans les mêmes conditions que le RPF en 1947.

Aussi, pour que perdure le mouvement, il a souhaité confier les rênes à Jean-Pierre Grand (député de l’Hérault) et Marc Bernier (député de la Mayenne), deux parlementaires expérimentés et suffisamment ouverts et tolérants pour tenir le cap du large rassemblement voulu par Dominique de Villepin.

P1160225-2.jpgLe nouveau président, Jean-Pierre Grand, a longtemps été le collaborateur de Jacques Chaban-Delmas, président de l’Assemblée Nationale et père de la Nouvelle Société. Il a su aussi, pendant près de 30 ans, travailler en bonne intelligence avec le socialiste Georges Frêche au sein du district puis de l’agglomération montpelliéraine dans l’intérêt de ses administrés.

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Mais s’il aura fallu attendre que le RPF soit moribond et une longue traversée du désert pour que le général de Gaulle revienne en 1958, espérons que les temps ont changé.

Et si le temps s’est accéléré, espérons alors pour 2012 une alternative plutôt que l’alternance, et évitons dans tous les cas en 2017 le Copé-collé ou la Valls à trois temps…