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29 septembre 2008

Lunatique ou tricheur ?

Mercredi aura lieu l’élection à la présidence du Sénat.

 

A l’issue d’une primaire, que personne jusqu’ici n’avait contestée et à l’occasion de laquelle avait voté l’ensemble des 152 membres du groupe UMP, Gérard LARCHER a été désigné pour représenter le parti majoritaire lors du scrutin.

 

Pourtant, ce week-end, Alain LAMBERT, UMP lui-aussi, s’est porté candidat.

 

Certes, les principaux motifs avancés peuvent être légitimes et recevables: indépendance de la Haute Assemblée vis-à-vis du Président de la République et du gouvernement, refus de l’esprit de cour, refus que le titulaire du «Plateau» soit imposé aux 343 sénateurs par une minorité.

 

Mais peut-on réellement faire confiance à quelqu’un qui, encore le 18 juillet dernier, répétait à qui voulait bien l’entendre que la réforme constitutionnelle était inacceptable, avant de la voter le 21 juillet ?

 

Et que penser du même individu qui participe à des primaires organisées par son mouvement politique le mercredi pour en dénoncer le principe trois jours plus tard ?

 

Tout esprit malveillant et anormalement constitué pourrait imaginer un scénario totalement rocambolesque et inimaginable, dont l’histoire débuterait le 19 ou 20 juillet 2008, peut-être même dès mai 2002.

 

Un ancien directeur général de Bernard Krief Communication ayant fait ses classes dans le marketing chez Jacques Vabre, et qui a, entre deux expériences professionnelles, été conseiller de Lionel Stoleru (dont on connaît la solidité des convictions), rêve, sans doute depuis sa première élection en 1995, d’accéder au « plateau ».

 

Ayant à cet effet encaissé depuis 2002 les pires humiliations de la part de celui qui n’était alors que son ministre, il était persuadé que la présidence du Sénat lui serait servie sur un plateau…

 

C’est sans doute pour cela qu’il a vraisemblablement appelé un certain week-end de juillet son ami Alain, lui promettant une place confortable au Palais du Luxembourg s’il votait le projet de révision constitutionnelle.

 

Mais malgré tous les efforts déployés pour afficher sa proximité avec le Président de la République (jusqu’à se contenter du poste de G.O. des conseils nationaux de l’UMP), ses collègues l’on éliminé de la course dès le premier tour le 24 septembre dernier, lui préférant par ailleurs un candidat qui envisage de confier une présidence de commission à l’opposition.

 

Alain LAMBERT risquait donc de tout perdre: son poste aux côté de celui qui aurait pu être président, et la présidence de sa commission. Il ne pouvait donc qu’être candidat lui-aussi au « plateau ». Qu’importe le ridicule, chacun sait qu’il ne tue pas…

 

Tout ceci n’est cependant que pure fiction, et tout fait ou personnage ressemblant à des situations existantes ou ayant existées serait fortuite.

 

Notons cependant que ni le postulant ayant obtenu 56 voix, ni l’UMP, n’ont fait le moindre commentaire sur la candidature « sauvage » d’Alain LAMBERT.

 

Que par conséquent Gérard LARCHER apparaît plus que jamais comme le candidat des sénateurs, indépendant et, même s’il n’aura été désigné que par une minorité, respectueux de tous.

 

15 janvier 2008

Il faut PO-LI-TI-SER !

Il est assez amusant d’entendre parler de «politisation des élections municipales» depuis quelques jours.

 

Le Président de la République, qui avait déjà la semaine passée quelques soucis avec la définition de la monarchie, semble aussi ignorer que politique vient des mots latins et grecs politicus, politikos et polis, signifiant «ville, cité». Il ne peut donc y avoir plus politique que les élections municipales, au sens noble du terme, au plus près des préoccupations de chacun.

 

0a738c399e2f45d98a5759ace650115e.jpgIl s’agit en fait de faire un enjeu de portée nationale d’un scrutin local, et le motif avancé est qu’il ne faudrait pas reproduire l’échec des régionales de 2004.

 

L’argument est un peu court, puisque c’est exactement l’inverse qui s’est produit. C’est parce que l’on a laissé faire du scrutin de 2004 un enjeu national que les socialistes ont remporté la quasi-totalité des régions, de nombreux électeurs ayant saisi l’occasion pour sanctionner Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin. Le Premier Ministre actuel est bien placé pour le savoir: personne n’avait imaginé une seconde qu’il puisse perdre les Pays-de-la-Loire en 2004. L’année suivante, à l’occasion du referendum sur la ratification du TCE, le scénario s’est reproduit à l’identique.

 

Le Président de la République, après avoir «piqué» au Premier Ministre son boulot et sa résidence versaillaise, après avoir réduit les ministres à de simple exécutants de ce qui se décide à l’Elysée, voudrait maintenant prendre la place des 36000 maires de France ?