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26 septembre 2010

Rassembler plutôt qu’exclure

100926 jpg.jpgLe comité départemental de l'Hérault a voté à la quasi-unanimité (resterait-il quelques esprits éclairés au sein du parti dit "majoritaire" ?) samedi matin une motion demandant aux instances nationales de l'UMP de ne plus accepter, à compter de 2011, le renouvellement de l'adhésion au mouvement du député Jean-Pierre Grand.

 

Une décision courageuse, laissant à d'autres le soin de la prendre, dans plusieurs mois...

 

Une motion dont les instigateurs sont, entre autres, l'ancien candidat aux municipales à Montpellier (moins de 30% au second tour...), et le brillant chef de file aux dernières régionales en Languedoc-Roussillon qui, malgré le soutien appuyé du PS pour déboulonner Georges Frêche, n'a pu afficher qu'un triste 26.43%, talonné par le Front National.

 

Une éventuelle « sanction » prise à l'encontre du député de la majorité le mieux élu du département en 2007 avec 56.70%, même s'il n'a obtenu aux municipales un an plus tard que 54.76%... dès le premier tour !

 

A l'heure où l'UMP héraultaise n'est pas en mesure de réunir plus de 200 personnes pour sa fête départementale annuelle, peut-être devrait-elle réfléchir à l'opportunité de rassembler plutôt que d'exclure.

 

Après Christian Jeanjean, Danièle Santonja, Jean-Luc Messonnier, et tous ceux qui n'avaient pas souhaité s'associer à la débâcle prévisible des dernières élections régionales, Jean-Pierre Grand devrait-il être la prochaine victime de l'aveuglement d'une Union des Moutons de Panurge fonçant droit dans le mur derrière leur bélier ?

 

Voici ce qu'en retenait le quotidien Midi libre ce dimanche:

 

"Le député héraultais Jean-Pierre Grand, villepiniste, exaspère ses amis de l'UMP. Ses critiques sur le chef de l'Etat ne passent plus. Trop c'est trop ! Le comité héraultais de l'UMP a décidé de frapper fort en demandant la tête du député Jean-Pierre Grand. Trop grande gueule. Trop critique de Sarkozy. Trop peu... UMP, quoi !

Hier au domaine de la Pompignane à Montpellier, lors de la fête de l'UMP - à laquelle participait Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie - Raymond Couderc, secrétaire départemental de l'UMP, a déposé une motion auprès du bureau politique. Elle demandait que le renouvellement en 2011 de l'adhésion au parti du député villepiniste Jean-Pierre Grand soit refusée.

Le maire de Béziers, candidat UMP aux dernières régionales, reproche à Jean-PierreGrand

« ses attaques répétées à l'encontre du gouvernement et du président de la République ». Elles ont « ulcéré profondément un grand nombre de militants », a confié à Midi Libre le sénateur de Béziers. « Sa dernière saillie sur le dossier des Roms était odieuse et inacceptable. »

« On ne peut pas interdire aux gens de parler, mais dans une famille politique, on débat en interne », renchérit Arnaud Julien, président départemental de l'UMP.

Approuvé par le bureau, ce texte l'a été également par le comité départemental composé de près de deux cents personnes. De son côté, Jean- Pierre Grand, qui n'était pas présent à la fête, s'est dit surpris d'un tel traitement à son égard de la part « d'un candidat de l'UMP qui n'a pas été capable d'atteindre la barre des 30 % aux dernières régionale ». Le député est d'autant plus marri que depuis quelques mois, Couderc semble vouloir mener une grande purge parmi les élus de l'agglomération de Montpellier. Après les exclusions des maires de Juvignac et de Baillargues, sans oublier celui de Palavas, Chrisitan Jeanjean, c'est au tour du maire de Castelnau de payer l'addition. « Dans l'agglo de Montpellier, Couderc a fait un score de 19 %. Dans son cas, au lieu de vouloir m'offrir la tête des élus UMP, j'aurais fait profil bas et j'aurais démissionné. »

Hier, Christian Jeanjean, solidaire de Grand, est également monté au créneau contre les pratiques du parti : « L'UMP n'a pas les moyens de se priver de gens de qualité. Quand on a des choses à dire, il faut le faire. Jean-Pierre Grand est un peu l'enfant terrible de la classe, comme moi. Si on mettait chaque fois les enfants terribles dehors, il ne resterait plus grand monde dans les écoles », a réagi le maire de Palavas-les-Flot. Il estime que l'UMP « a besoin de clarifier ses idées et ses rapports avec ses hommes si le parti veut un jour être une alternative à la gauche en Languedoc-Roussilon ».

Jean-Pierre Grand est déjà prêt à riposter : « Aujourd'hui j'appelle à un rassemblement populaire et républicain de la majorité silencieuse derrière Dominique de Villepin »."

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16 mars 2010

Jacques, Raymond, Nicolas… Même combat ?

Tout le monde a encore en mémoire les exploits du député Jacques Domergue qui, après avoir courageusement changé de circonscription en 2007, a péniblement atteint 29.50 % des voix en finale des municipales 2008 à Montpellier après un médiocre 26.13% au premier tour.

 

070827 couderc.jpgOn pouvait alors légitiment penser avoir touché le fond, mais c'était sans compter sur le sénateur et maire de Béziers, candidat aux élections régionales, qui n'est pas parvenu dimanche à franchir la barre des 20% ! La question est donc maintenant de savoir s'il arrivera le 21 mars à passer le seuil des 25 ou, soyons fous, des 30%...

 

Raymond Couderc est en effet un rival plus que sérieux pour le député de la 1ère circonscription. Il n'a obtenu sur Montpellier que la moitié du score de Jacques Domergue en 2008 (13.86% contre 26.13). Sur l'Hérault, département dont il est l'élu, son résultat est inférieur à sa moyenne régionale (18.62% vs 19.63), et il ne recueille que 34.44% à Béziers alors qu'il avait été réélu dès le premier tour il y a deux ans... Même Christian Jeanjean, qui n'a pourtant totalisé que 2.03% des suffrages sur la région a fait 51.72% dans sa ville de Palavas !

 

Alors évidemment, on nous explique en Languedoc-Roussillon comme ailleurs que la forte abstention ne permet pas de tirer le moindre enseignement de ce scrutin. Au-delà du fait que les mêmes se déclaraient grands vainqueurs des européennes de juin dernier avec un taux de participation de 40.63% (46.36% pour les régionales), les résultats de dimanche sont au contraire alarmants pour la majorité actuelle.

 

En effet, plus l'abstention est forte, plus la part des militants et sympathisants des partis politiques est prépondérante dans le nombre des suffrages exprimés. Le scrutin de dimanche est donc plus que jamais révélateur du profond malaise qui règne au sein de la majorité et, au-delà, de l'échec de la politique conduite depuis 2007.

 

Il confirme aussi les deux erreurs majeures de Jacques Chirac: le quinquennat et la création de l'UMP. Le quinquennat qui fait que les scrutins locaux sont de plus en plus impactés par des considérations nationales, l'UMP pour avoir tenté de rassembler des gens qui n'ont pas grand chose à faire ensemble, avec toutes les conséquences que cela engendre (rétrécissement de la majorité et absence de réserves pour le second tour). La France, ce vieux pays d'un vieux continent, ne veut pas de la bipolarisation. Le succès prévisible de l'alliance au deuxième tour entre Europe écologie et les socialistes en sera certainement la meilleure preuve, alors que la majorité va probablement enregistrer son plus mauvais score depuis 1981, voire sous la 5ème République. La leçon devra être méditée, méditée, encore méditée avant de tenter d'imposer un scrutin à un tour pour l'élection des futurs conseillers territoriaux...

 

Ce triste diagnostic n'empêche toutefois pas de rire un peu, en se souvenant ente autres des déclarations du président de la République qui se vantait, à peine élu, d'avoir mis fin à l'abstention et d'avoir réduit le Front National à sa plus simple expression !

 

Chaque jour confirme un peu plus qu'en 2012 les électeurs auront le choix entre l'alternance et l'alternative. Espérons que l'alternative l'emporte...