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07 mai 2009

«Je suis un opposant résolu à tout ce qui est le jeu politicien…

 

 et tout à fait déterminé à dire les choses avec la conviction qui est la mienne ».

C’est ainsi que Dominique de Villepin a conclu son intervention au micro de Jean-Michel Aphatie, dont il était l’invité ce matin sur RTL:


podcast
 

L’ancien Premier Ministre n’a pas hésité, puisque personne ne semble oser le faire aujourd’hui, à évoquer le bilan contrasté du Président de la République, évoquant, comme il le fait depuis bientôt deux ans, les réformes tous azimuts qui font que nous sommes toujours en attente des deux ou trois réformes qui feront ou ne feront pas le quinquennat.

Face à la situation actuelle du nombre sans cesse croissant des jeunes chômeurs qui mettent en moyenne 5 ans à entrer véritablement sur le marché du travail, il n’a pas hésité non plus à évoquer ses erreurs - et notamment sa précipitation - sur le CPE, laissant toutefois entendre que l’on ne pourrait certainement pas échapper à une mesure qui y ressemblera d’une manière ou d’une autre.

070902 ddv.jpgIl a souligné ce que finalement tout le monde ressent, à savoir que la grande inquiétude des Français est qu’ils ne voient pas à quoi ressemblera la France dans 5 ans ou dans 10 ans, et qu’il y a un décalage extrêmement fort entre l’inquiétude qui s’exprime dans notre pays et cette sérénité qui relève davantage de la méthode Coué.

Dominique de Villepin avait déclaré le 15 février 2007 que La vie politique, c'est se concentrer sur des choses qui n'en valent pas la peine. Mon erreur aura été de consacrer trop de temps à l'essentiel (propos relatés par Bruno Le Maire dans son livre Des Hommes d’Etat).

Surtout, qu’il ne change rien !

Et à tous ceux qui souhaiteraient mettre en doute la sincérité de l’ancien Premier Ministre, notamment à la veille du procès Clearstream, on ne peut que recommander la lecture du blog « 2Villepin », sur lequel Fred a entamé hier une rétrospective de toutes les interventions de Dominique de Villepin qui ne font que confirmer la sincérité de ses propos.

19 janvier 2009

Mini-remaniement, maxi-stratégie, et petites sanctions entre amis…

 

 

 

Nous approchons du terme de ce que l’on appelle abusivement un mini-remaniement, qui aura maxi-duré (Patrick Devedjian a été nommé le 5 décembre), concerné plus de 10 personnes, nécessité pas moins de 4 décrets, et devrait se conclure par un 5ème officialisant la nomination d’un nouveau secrétaire d’Etat à l’écologie.

 

090118 bricolage.jpgTout cela sans compter qu’il ne s’agit sans doute que d’un avant-goût du « remaniement permanent », puisque l’on apprend aujourd’hui que Michel Barnier devrait quitter le gouvernement pour conduire la campagne européenne, qu’après ce scrutin quelques changements seront probablement inévitables, etc, etc…

 

Si la promotion de Brice Hortefeux, fidèle de la première heure, n’appelle pas de commentaire particulier (certains se souviendront tout de même de l’ami de 30 ans…), on peut s’interroger sur le sort d’Eric Besson, passé en à peine plus d’un an du secrétariat national du PS à (bientôt) la direction de l’UMP, et de « l’inquiétante rupture de M. Sarkozy » à « l’inquiétante idolâtrie de M. Besson»…

 

De même, on pourra se poser quelques questions sur les clefs de l’UMP confiées à Xavier Bertrand, lui qui a toujours été fidèle, mais à tellement de monde, et surtout à lui même… et s’amuser du bureau et du téléphone (il avait déjà la voiture…) offerts à Patrick Devedjian pour libérer la place (sans doute devra-t-il attendre son éviction de la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine pour commencer à comprendre…).

 

Autre aspect de ces multiples remaniements, la marginalisation des adversaires. Si l’opération Le Maire a peut-être semé le trouble chez deux ou trois partisans de Dominique de Villepin, il n’aura visiblement pas été possible de débaucher Bruno Retailleau pour tenter d’affaiblir Villiers à la veille des élections européennes. Qu’à cela ne tienne, on se sera vengé sur Nathalie Kosciusko-Morizet qui, malgré toutes ses déclarations et alors qu’elle se consacre à l’écologie depuis une bonne dizaine d’années, devra se contenter du strapontin offert à Eric Besson lorsqu’il était encore en période d’essai, qui plus est amputé de l’évaluation des politiques publiques !

 

Mais NKM n’est pas la seule victime de ce jeu de chaises musicales. Bernard Laporte et Roseline Bachelot ont perdu la jeunesse, Christine Boutin la ville. Seule Michèle Alliot-Marie semble avoir (provisoirement ?) sauvé sa peau, peut-être pour être restée à Paris pendant les congés de sa majesté et de son collaborateur…

 

Soyons tout de même rassurés, toutes ces manœuvres politiciennes auront finalement préservé l’essentiel: Frédéric Lefebvre n’est pas ministre de la culture !