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20 septembre 2011

Il sera donc candidat

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Dominique de Villepin a réuni lundi soir pour la première et dernière fois le bureau politique de République Solidaire, mouvement créé le 19 juin 2010, qu’il présidait depuis l’origine.

Ce 19 septembre marque aussi sa relaxe définitive dans l’affaire Clearstream, le parquet ayant décidé de ne pas se pourvoir en cassation.

Ainsi, comme le souhaitait le député Daniel Garrigue dans un communiqué publié mercredi dernier, Dominique de Villepin retrouve aujourd’hui « toute sa liberté de parole et d'expression ».

Il la retrouve d’autant plus qu’il a quitté la présidence de République Solidaire pour « se consacrer pleinement à la définition d’une politique de rassemblement national pour faire face aux défis inédits qu’affronte la France ».

Après une rentrée confuse, entre rumeurs d’alliance avec François Bayrou (qui n’a toujours pas compris que son score de 2007 n’est qu’un savant mélange d’anti-sarkozysme et de tout sauf Royal et que ses gesticulations politiciennes entre gauche et droite lui confèrent aujourd’hui un potentiel électoral bien inférieur à son résultat de 2002) et volonté de créer une dream-team dont se dégagerait un leader, Dominique de Villepin retrouve enfin ses accents gaullistes.

Oui, sous la Vème République, l’élection présidentielle est la rencontre entre une femme ou un homme et le peuple. Et l’article IV de notre constitution est limpide, « Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage », ils n’en détiennent en aucun cas le monopole !

C’est pourtant ce monopole qui a tenté de s’imposer aussi chez République Solidaire lorsque Dominique de Villepin a présenté son projet au printemps. Certes le quinquennat a instauré la confusion entre les mandats présidentiels et législatifs, lesquels sont pourtant, en vertu notamment de la séparation des pouvoirs, bien distincts.

Au candidat à l’élection présidentielle de présenter un projet, aux partis politiques et aux parlementaires décidant de le soutenir de le traduire et/ou de l’amender dans le cadre du mandat législatif. Il s’agit bien de deux élections différentes, et le rétablissement de durées de mandats distinctes permettrait sans aucun doute de clarifier les choses.

Mais si Dominique de Villepin se libère de ses attaches partisanes, il sait bien que ses soutiens de la première heure demeurent adhérents, sympathisants, parfois même grognards de République Solidaire, un mouvement créé, toutes proportions gardées, un peu dans les mêmes conditions que le RPF en 1947.

Aussi, pour que perdure le mouvement, il a souhaité confier les rênes à Jean-Pierre Grand (député de l’Hérault) et Marc Bernier (député de la Mayenne), deux parlementaires expérimentés et suffisamment ouverts et tolérants pour tenir le cap du large rassemblement voulu par Dominique de Villepin.

P1160225-2.jpgLe nouveau président, Jean-Pierre Grand, a longtemps été le collaborateur de Jacques Chaban-Delmas, président de l’Assemblée Nationale et père de la Nouvelle Société. Il a su aussi, pendant près de 30 ans, travailler en bonne intelligence avec le socialiste Georges Frêche au sein du district puis de l’agglomération montpelliéraine dans l’intérêt de ses administrés.

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Mais s’il aura fallu attendre que le RPF soit moribond et une longue traversée du désert pour que le général de Gaulle revienne en 1958, espérons que les temps ont changé.

Et si le temps s’est accéléré, espérons alors pour 2012 une alternative plutôt que l’alternance, et évitons dans tous les cas en 2017 le Copé-collé ou la Valls à trois temps… 

26 septembre 2010

Rassembler plutôt qu’exclure

100926 jpg.jpgLe comité départemental de l'Hérault a voté à la quasi-unanimité (resterait-il quelques esprits éclairés au sein du parti dit "majoritaire" ?) samedi matin une motion demandant aux instances nationales de l'UMP de ne plus accepter, à compter de 2011, le renouvellement de l'adhésion au mouvement du député Jean-Pierre Grand.

 

Une décision courageuse, laissant à d'autres le soin de la prendre, dans plusieurs mois...

 

Une motion dont les instigateurs sont, entre autres, l'ancien candidat aux municipales à Montpellier (moins de 30% au second tour...), et le brillant chef de file aux dernières régionales en Languedoc-Roussillon qui, malgré le soutien appuyé du PS pour déboulonner Georges Frêche, n'a pu afficher qu'un triste 26.43%, talonné par le Front National.

 

Une éventuelle « sanction » prise à l'encontre du député de la majorité le mieux élu du département en 2007 avec 56.70%, même s'il n'a obtenu aux municipales un an plus tard que 54.76%... dès le premier tour !

 

A l'heure où l'UMP héraultaise n'est pas en mesure de réunir plus de 200 personnes pour sa fête départementale annuelle, peut-être devrait-elle réfléchir à l'opportunité de rassembler plutôt que d'exclure.

 

Après Christian Jeanjean, Danièle Santonja, Jean-Luc Messonnier, et tous ceux qui n'avaient pas souhaité s'associer à la débâcle prévisible des dernières élections régionales, Jean-Pierre Grand devrait-il être la prochaine victime de l'aveuglement d'une Union des Moutons de Panurge fonçant droit dans le mur derrière leur bélier ?

 

Voici ce qu'en retenait le quotidien Midi libre ce dimanche:

 

"Le député héraultais Jean-Pierre Grand, villepiniste, exaspère ses amis de l'UMP. Ses critiques sur le chef de l'Etat ne passent plus. Trop c'est trop ! Le comité héraultais de l'UMP a décidé de frapper fort en demandant la tête du député Jean-Pierre Grand. Trop grande gueule. Trop critique de Sarkozy. Trop peu... UMP, quoi !

Hier au domaine de la Pompignane à Montpellier, lors de la fête de l'UMP - à laquelle participait Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie - Raymond Couderc, secrétaire départemental de l'UMP, a déposé une motion auprès du bureau politique. Elle demandait que le renouvellement en 2011 de l'adhésion au parti du député villepiniste Jean-Pierre Grand soit refusée.

Le maire de Béziers, candidat UMP aux dernières régionales, reproche à Jean-PierreGrand

« ses attaques répétées à l'encontre du gouvernement et du président de la République ». Elles ont « ulcéré profondément un grand nombre de militants », a confié à Midi Libre le sénateur de Béziers. « Sa dernière saillie sur le dossier des Roms était odieuse et inacceptable. »

« On ne peut pas interdire aux gens de parler, mais dans une famille politique, on débat en interne », renchérit Arnaud Julien, président départemental de l'UMP.

Approuvé par le bureau, ce texte l'a été également par le comité départemental composé de près de deux cents personnes. De son côté, Jean- Pierre Grand, qui n'était pas présent à la fête, s'est dit surpris d'un tel traitement à son égard de la part « d'un candidat de l'UMP qui n'a pas été capable d'atteindre la barre des 30 % aux dernières régionale ». Le député est d'autant plus marri que depuis quelques mois, Couderc semble vouloir mener une grande purge parmi les élus de l'agglomération de Montpellier. Après les exclusions des maires de Juvignac et de Baillargues, sans oublier celui de Palavas, Chrisitan Jeanjean, c'est au tour du maire de Castelnau de payer l'addition. « Dans l'agglo de Montpellier, Couderc a fait un score de 19 %. Dans son cas, au lieu de vouloir m'offrir la tête des élus UMP, j'aurais fait profil bas et j'aurais démissionné. »

Hier, Christian Jeanjean, solidaire de Grand, est également monté au créneau contre les pratiques du parti : « L'UMP n'a pas les moyens de se priver de gens de qualité. Quand on a des choses à dire, il faut le faire. Jean-Pierre Grand est un peu l'enfant terrible de la classe, comme moi. Si on mettait chaque fois les enfants terribles dehors, il ne resterait plus grand monde dans les écoles », a réagi le maire de Palavas-les-Flot. Il estime que l'UMP « a besoin de clarifier ses idées et ses rapports avec ses hommes si le parti veut un jour être une alternative à la gauche en Languedoc-Roussilon ».

Jean-Pierre Grand est déjà prêt à riposter : « Aujourd'hui j'appelle à un rassemblement populaire et républicain de la majorité silencieuse derrière Dominique de Villepin »."

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