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14 février 2011

"Parce que la peur l’emporte…

Villepin.jpg… et qu’il y a un manque de confiance en nous et dans le monde".

 

C’est ainsi que Dominique de Villepin, invité de Dimanche+, a résumé hier l’attitude frileuse de la France face aux évènements survenus en Tunisie et en Egypte. Une attitude qu’il regrette d’autant plus que "ces évènements donnent raison à la vision de la France, et donne raison aux principes que nous n’avons cessé de défendre".

 

Il y a huit ans jour pour jour, le 14 février 2003, Dominique de Villepin, alors ministre des affaires étrangères, portait cette vision de la France devant les Nations Unies.

 

Il ne s’agit pas bien entendu de commémorer aujourd’hui "un fait d'armes" ou d’exprimer une quelconque nostalgie, mais tout simplement de souligner, preuves à l’appui, les qualités de visionnaire de celui qui n’était alors "que" le locataire du quai d’Orsay.

 

"N’oublions pas qu’après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. (…) Ne nous voilons pas la face, cela sera long et difficile. (…) Personne ne peut affirmer non plus que le chemin de la guerre pourrait déboucher sur un monde plus sûr, plus juste et plus stable. (…) Une telle intervention ne risquerait-elle pas d’aggraver les fractures entre les sociétés, entre les cultures, entre les peuples, fractures dont se nourrit le terrorisme ?"

 

On pourrait multiplier à l’infini les citations, et chacun appréciera la portée de ce discours, prononcé à l’ONU suite au rapport des inspecteurs de l’AIEA, Hans Blix et l’Egyptien Mohamed El Baradei, prix Nobel de la paix 2005.

 

Dominique de Villepin proposait alors "une alternative à la guerre". Il prépare aujourd’hui une alternative pour la France.

 

En conclusion de son propos de 2003, il suggérait de "construire ensemble un monde meilleur". Il ne fait nul doute qu’il saura, le moment venu, apporter sa pierre à l’édifice d’une France plus juste.

 

14 février 2010

Irak, Afghanistan, même combat !

Dominique de Villepin participait il y a quelques jours à un débat devant les étudiants de Sciences Po sur la question afghane:

 

 

En ce 14 février, date anniversaire de son intervention devant l'ONU (c'était il y a 7 ans), l'écoute en simultané de ces deux discours permet de mettre en évidence la continuité de la pensée de l'ancien Premier Ministre, ce qui est suffisamment rare en politique pour être souligné, d'autant plus que nombreux sont ceux qui souhaiteraient aujourd'hui résumer la parole de Dominique de Villepin à de l'anti-sarkozysme primaire. Que les plus sceptiques prêtent une attention toute particulière aux paroles prononcées à New York, l'alternative était déjà au cœur du débat:

 

 

(texte du discours en archive, l'HR du 14 février 2009)

 

Le 1er février 2010, rue Saint Guillaume, Dominique de Villepin déplore que "ce grand enjeu qu'est l'Afghanistan ne justifie aujourd'hui que l'intervention des occidentaux". Le 14 février 2003, à propos d'une éventuelle guerre en Irak, il déclarait: "c'est bien l'unité de la communauté internationale qui serait la garantie de son efficacité".

 

Le 1er février 2010, Dominique de Villepin constate que "nous ne sommes pas compris par la population afghane, et (que) nous sommes même ressentis comme des forces d'occupation". Le 14 février 2003, il prévenait: "n'oublions pas qu'après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix et, ne nous voilons pas la face, ce sera long et difficile"...

 

On pourrait ainsi jouer au jeu des sept similitudes, sans doute même plus, mais chacun pourra se forger sa propre opinion en écoutant ou réécoutant ces deux interventions.

 

Et Dominique de Villepin de conclure que "J'aspire à une diplomatie française, une diplomatie indépendante qui défende une vision de la région, une vision du monde" (01/02/2010), et qu'"il croit en notre capacité à construire un monde meilleur" (14/02/2003. Non, ce n'est pas Alain Delon qui s'exprime, mais bien Dominique de Villepin, le "il" se référant à ce vieux pays, la France...).

 

En attendant (le président de la République l'avait annoncé sur TF1 face à Laurence Ferrari même si cela était passé inaperçu pour avoir essentiellement servi d'"access prime-time" à un "reality-Pernaut-show" - l'HR du 27/01/2010), 80 soldats supplémentaires seront envoyés en Afghanistan.

 

Même déguisés en formateurs, ils ne seront malheureusement peut-être que 80 cibles immobiles, 80 fruits confits sur 80 gâteaux...