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10 octobre 2011

Décryptons les primaires citoyennes…

P1430918.JPG"Un tour ça va. C’est quand il y en a deux que cela pose problème" dirait l’Auvergnat…

Le second tour des primaires socialistes démontrera sans doute dès dimanche prochain, peut-être même avant, les limites de l’exercice, contraire à la philosophie de la Vème République, qui veut que l’élection présidentielle soit la rencontre d’un homme avec le peuple.

Aux vues des résultats de ce soir, il y a fort à parier que le vainqueur de dimanche prochain, faute d’un écart phénoménal entre les deux finalistes, ne sera finalement désigné qu’a l’issue de nombreuses tractations et combinaisons partisanes et politiciennes.

Attendons tout de même de voir, et tentons de tirer les enseignements de ce premier tour.

La forte participation (2,5 millions d’électeurs environ) et le score pitoyable de Ségolène Royal démontrent, s’il le fallait encore, que les Français souhaitent remercier l’actuel président de la République. 2,5 millions de votants, c’est évidemment bien plus que les seuls militants et sympathisants de la gauche socialiste et radicale. Ce sont tout simplement des Français qui veulent en finir avec 5 ans de sarkozysme, et qui ont bien compris que, pour avoir été largement distancée au deuxième tour de 2007 par l’actuel locataire de l’Elysée, Ségolène Royal ne pouvait faire l’affaire.

111009 montebourg.jpgMais le scrutin de ce dimanche n’était pas qu’une histoire de casting. Les 17% d’Arnaud Montebourg, seul candidat parmi les six à avoir défendu des options en véritable rupture avec les politiques menées depuis 30 ans, sont de ce point de vue significatifs. Ce "bébé-Chevènement" a soutenu durant la campagne des primaires une large partie des idées de son ainé, portées également de son vivant par Philippe Séguin et un temps par Henri Guaino, recyclé désormais en simple scribe du président, lequel semble prendre un malin plaisir à faire le contraire de ce que lui suggère et lui fait dire son conseiller, décidemment très spécial… Reste à savoir si la posture d’Arnaud Montebourg était sincère ou de circonstance. Il devrait livrer dès lundi soir quelques éléments de réponse dans le JT de 20h de France 2.

En résumé, les 2,5 millions de Français qui se sont exprimés veulent en finir avec la présidence show-biz, blig-blig, fric… et changer de politique.

Dominique de Villepin l’a sans doute compris avant tout le monde.

Il a sans cesse alerté depuis 2007 la majorité dont il est issu sur les dérives et les dangers des choix effectués, ce qui lui a valu d’être taxé d’anti-sarkozyste primaire. C’est tellement facile…

Il n’a cessé de proposer, depuis 2007, des solutions alternatives à la politique menée, concrétisant cette alternative dans un projet qui remet le citoyen au cœur de la République, en vue d’une véritable refondation de la République (Montebourg ne dit pas autre chose lorsqu’il parle de VIème République, l’actuelle ayant été totalement dénaturée, notamment par l’adoption du quinquennat et la réforme de 2008).

070506 villepin.jpgDominique de Villepin, fort de son expérience dans les plus hautes sphères de l’Etat, de son aura en matière de politique étrangère (qui ne se souvient pas du 14 février 2003 et de son discours à l’ONU), de ses deux ans à Matignon où les résultats étaient au rendez-vous en matière d’emploi, de déficit (sans oublier les banlieues qu’il a apaisées alors que son ministre de l’Intérieur parlait "racaille" et "Karcher") a incontestablement le profil du président dont les Français ont tracé le portrait robot ce 9 octobre.

En quittant il y a quelques semaines la présidence du mouvement qu’il avait fondé, République Solidaire, il s’est clairement placé au-delà de toutes contingences partisanes, lesquelles vont sans doute plomber dès dimanche prochain l’élan de François Hollande dont on pronostiquait hier encore une victoire en 2012 façon "Balladur 1995".

Reste à savoir si Dominique de Villepin a réellement l’envie et la détermination d’aller jusqu’au bout, et si Jean-Pierre Grand et Marc Bernier, qui ont désormais les clefs de République Solidaire, parviendront à remettre en ordre de marche le mouvement qui apportera (avant que d’autres ne le rejoigne) son soutien au candidat et lui assurera les relais nécessaires sur l’ensemble du territoire national et de l’outre-mer, sans oublier les Français de l’étranger.

09 octobre 2009

La mauvaise politique

Le temps n’est plus de juger ce qu’a pu faire ou non Frédéric Mitterrand.

091009 mauvaise vie.jpgIl l’a écrit dans La Mauvaise Vie en mars 2005, le livre a bénéficié d’une abondante couverture médiatique à sa sortie (et le passage incriminé a été largement évoqué, tant à la télévision que dans la presse papier), s’est vendu à 200 000 exemplaires et a depuis été publié en édition de poche.

Face à un Front National qui, comme à son habitude, tente de pousser le débat politique dans le caniveau, le ministre de la culture n’a pas été aidé par les aboyeurs habituels de l’UMP qui parlent de respect de la vie privée alors que la publication d’un récit a rendu les faits publics, ni par un PS qui, ne sachant plus où il en est, hésite entre le soutien à celui qui a été l’un des leurs ou le lynchage du traitre.

Il s’est donc rendu sur TF1. C’était pourtant au président de la République (ou à son premier ministre qui, comme le veut la Constitution, propose la liste du gouvernement...) de justifier le choix qu’il a effectué (espérons-le…) en toute connaissance de causes, et mettre ainsi un terme à la polémique qui nous fait oublier les évènements à l’origine de la controverse, à savoir deux viols de jeunes filles de 13 ans et le meurtre d’une femme de 42 ans !

Une fois de plus, on a zappé, et le sujet qui mérite un débat serein et apaisé devra sans doute attendre le prochain fait divers pour réapparaitre... (cf. La comédie des émotions – 2/10/09)

De même, les téléspectateurs avaient sans doute déjà zappé hier soir avant la fin de l’entretien de Frédéric Mitterrand avec Laurence Ferrari, puisque personne ne semble avoir retenu le seul passage véritablement intéressant, le mea culpa du ministre sur l’affaire Polanski lorsqu’il reconnait d’avoir eu le tort de réagir sous le coup de l’émotion.

On attend maintenant avec impatience l’avis du docteur Kouchner sur la missive que mister Bernard, sans doute lui aussi sous le coup de l’émotion, a adressée à Hilary Clinton dès l’arrestation du cinéaste.

Dominique de Villepin, qui rencontrait il y a une semaine les jeunes de son club, expliquait que gouverner, ce n’est pas réagir par la passion, que l’on ne gouverne pas un pays à travers l’émotion, que l’on ne gouverne pas non plus sous le feu des projecteurs.

La preuve par l’exemple…