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06 septembre 2009

Imad va m’tué ?

Le 26 février 2007, Bakchich parlait de « Grand mythomane devant l’éternel, spécialiste des versions successives et contradictoires » à propos d’Imad Lahoud.

090906 lahoud-villepin.jpgQuelques jours plus tard, le 15 mars, c’était au tour de l’hebdomadaire Le Point de confirmer: « habile, fuyant et provocateur, changeant de peau et de registre avec un naturel désarmant, insaisissable et pourtant pris au piège de ses contradictions ».

Les commentaires sur la personnalité du personnage qui est au cœur de l’affaire Clearstream sont multiples, et pourtant tous concordants…

Le 26 novembre 2008, toujours dans Le Point, on apprenait qu’après avoir longtemps nié en être l’auteur, Imad Lahoud reconnaissait les falsifications de fichier, ajoutant avoir effectué au moins une partie de la besogne dans le bureau d'Yves Bertrand, sans toutefois être en mesure de décrire le lieu. Après l’avoir longtemps nié également, il a aussi un jour déclaré avoir rencontré Nicolas Sarkozy à deux reprises en 2004, ce que l’actuel locataire de l’Elysée dément.

Bref, on peut aisément mesurer le crédit à apporter aux révélations du JDD ce week-end.

Mais après que le procureur Marin soit intervenu sur Europe 1, il convient surtout de se demander pourquoi la presse accouche d’une déposition de décembre 2008 près de neuf mois après avoir été recueillie par le juge, à deux semaines seulement du début du procès Clearstream, qui y a intérêt, qui a balancé, et de revenir sur les conditions dans lesquelles les dernières confidences d’Imad Lahoud ont été recueillies.

Ce dernier point n’est pas sans intérêt.

Souvenons-nous que le président de la République, alors qu’il est partie civile dans le dossier, avait différé la mutation du juge Henri Pons afin qu’il puisse clore l’instruction de l’affaire Clearstream. Ainsi, avec son collègue d’Huy, il a pu signer l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel le 17 novembre 2008.

Pourtant, les confessions d’Imad Lahoud révélées samedi n’ont été recueillies que le 9 décembre, alors que celui-ci était interrogé par le juge d’Huy dans le cadre d’une autre affaire !

Etonnant, non ?

Espérons au moins que cette abracadabrantesque affaire servira de leçon à d’autres, à ce brave Eric Woerth en particulier, que ce dernier s’est assuré que son fichier de 3000 exilés fiscaux n’est pas bidon, et qu’aucun nom de proches du pouvoir n'y figure…

17 octobre 2008

Edvige Bertrand

Le Président de la République a déposé plainte contre l’ancien patron des Renseignements Généraux, Yves Bertrand, suite à la publication d’extraits de « carnets secrets » par l’hebdomadaire Le Point la semaine dernière.

 

081017 carnet2.jpgC’est la seconde fois (après l’affaire du SMS sur laquelle il s’était finalement rétracté) que l’actuel Chef de l’Etat este en justice, ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a jamais fait (La rupture…). Il estime sans doute qu’il a le droit, comme chaque citoyen, de se défendre, mais oublie que depuis février 2007 notre Constitution confère au Président un statut juridique dérogatoire au droit commun (disposition sur laquelle il n’a pas jugé utile de revenir lors de sa réforme « historique » de juillet dernier), et qu’il n’est par conséquent pas tout à fait un citoyen comme un autre.

 

Que reproche à M. Bertrand le Chef de l’Etat ?

 

D’avoir consigné dans des carnets personnels des « informations » qui n’ont jamais été utilisées, dont la collecte n’a pas empêché sa confortable élection en 2007. Et il nous assurera, si nécessaire, que tout ceci n’est pas comparable avec l’affaire des terrains de Bernadette en 1995…

 

Parallèlement, il envisageait il y a encore quelques semaines d’officialiser que des renseignements de la nature de ceux qui ont été dévoilés par la presse soient consignés dans un fichier consultable par des dizaines (si ce n’est des centaines ou des milliers) de fonctionnaires, Edvige.

 

Il aurait sans doute été plus inspiré de demander au ministre de l’Intérieur et au Garde des Sceaux une enquête aux fins de savoir qui a pu transmettre à des journalistes des documents qui auraient sans doute conservé à jamais leur caractère secret s’ils n’avaient été saisis dans le cadre d’une perquisition relative à l’affaire… Clearstream…

 

Notons tout de même que toute cette histoire n’a pas porté atteinte au sens de l’humour de notre Président, puisqu’il aura attendu une semaine avant de déposer sa plainte, le jour de la Sainte Edwige !...